Élections européennes : les candidats allemands d’extrême droite sous surveillance suite à une affaire de faux CV

Les candidats de l’AfD en lice pour le Parlement européen devront présenter à la direction du parti des preuves de leurs diplômes et expériences professionnelles, car des enquêtes ont révélé que les CV de deux candidats contenaient des affirmations fausses ou trompeuses.

EURACTIV Allemagne
The Alternative for Germany (AfD) holds party convention in Magdeburg
De sérieux doutes ont déjà été soulevés ces dernières semaines au sujet des CV de deux des principaux candidats de l’AfD au Parlement européen : Arno Bausemer et Mary Khan-Hohloch, qui figurent tous deux dans le top 15 de la liste de l’AfD pour les prochaines élections européennes de 2024. Ces derniers ont été accusés d’avoir gonflé leur CV. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Les candidats du parti d’extrême droite allemande Alternative pour l’Allemagne (AfD) en lice pour le Parlement européen devront présenter à la direction du parti des preuves de leurs diplômes et expériences professionnelles, car des enquêtes ont révélé que les CV de deux candidats contenaient des affirmations fausses ou trompeuses.

De sérieux doutes ont été soulevés ces dernières semaines au sujet des CV de deux des principaux candidats de l’AfD au Parlement européen : Arno Bausemer et Mary Khan-Hohloch, qui figurent tous deux dans le top 15 de la liste de l’AfD pour les prochaines élections européennes de 2024.

En réaction au scandale, la direction du parti a décidé lundi (21 août) que les 35 candidats de la liste devaient présenter des preuves pour vérifier leur CV, comme l’a rapporté le média t-online.

La direction veut maintenir la transparence, la confiance et la crédibilité, ont déclaré Alice Weidel et Tino Chrupalla, les codirigeants du parti, à l’agence de presse allemande dpa.

M. Bausemer a affirmé avoir effectué deux stages de journalisme, ce que les employeurs indiqués sur le CV nient publiquement, comme l’a révélé l’enquête de t-online. D’autres déclarations concernant une bourse d’études et un emploi de cadre dans l’« exploitation agricole » de ses parents se sont également révélées douteuses.

M. Bausemer a nié ces accusations. « Je laisserai mon CV tel qu’il est. Il n’y a aucune raison de changer quoi que ce soit », a-t-il déclaré à MDR tout en s’en prenant aux « plateformes de haine » sur Facebook.

Lors de la conférence du parti, Mme Khan-Hohloch a elle aussi été accusée de « tromperie frauduleuse ».

Il existe « de sérieux doutes quant à la véracité des déclarations contraignantes faites par [Mary Khan-Hohloch] », peut-on lire dans cette motion déposée à son encontre. Les affirmations relatives à sa formation et à son expérience professionnelle semblent incompatibles entre elles et donc « improbables, voire impossibles ».

La motion déposée demande également une nouvelle élection pour le poste 14 de la liste électorale et la révocation de la candidate. Toutefois, cette motion a été rejetée après une intervention de Mme Weidel.

Depuis des semaines, la base du parti exerçait des pressions pour que l’on donne suite aux révélations. Lorsque la direction a finalement cédé, sa décision de demander des références à tous les candidats l’a emporté sur une proposition plus radicale consistant à passer les deux candidats au crible.

Les résultats devraient être présentés le 18 septembre prochain. Le parti n’a pas encore commenté les conséquences si l’enquête venait à incriminer des candidats.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]