Élections européennes : les changements clés apportés à la version finale du manifeste du PPE

Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit a effectué deux changements clés dans son manifeste électoral pour les élections européennes de juin par rapport au projet divulgué en janvier, selon une source au fait de la question qui s’est entretenue avec Euractiv.

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Une source du PPE a déclaré à Euractiv que le manifeste final, qui devrait être approuvé lors du congrès du PPE à Bucarest le 6 mars, indiquerait que l’abandon du principe d’unanimité devrait s’appliquer dans le domaine des « sanctions de l’UE contre les régimes totalitaires dans le monde et vers le marché unique de la défense ». [Shuttterstock/Alexandros Michailidis]

Le Parti populaire européen (PPE) de centre droit a effectué deux changements clés dans son manifeste électoral pour les élections européennes de juin par rapport au projet de texte divulgué en janvier, selon une source au fait de la question qui s’est entretenue avec Euractiv.

Le premier changement apporté au projet de texte daté du 14 janvier concerne le vote à la majorité qualifiée, l’autre la question épineuse de l’interdiction du moteur à combustion.

Remplacer le principe d’unanimité pour les sanctions

Dans son projet de manifeste, le parti indiquait initialement vouloir remplacer le principe de l’unanimité dans les décisions de politique étrangère et de défense par un vote à la majorité qualifiée.

Une source du PPE a confié à Euractiv que le manifeste final, qui devrait être approuvé lors du congrès du PPE à Bucarest mercredi (6 mars), indiquerait que l’abandon du principe d’unanimité devrait s’appliquer dans le domaine des « sanctions de l’UE contre les régimes totalitaires dans le monde et vers le marché unique de la défense ».

Cette même source a également ajouté que le poste de Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, occupé par Josep Borrell actuellement, devrait être remplacé par celui de ministre des Affaires étrangères de l’UE qui occuperait le poste de vice-président de la Commission européenne.

« Le PPE demandera la nomination d’un Conseil européen de sécurité composé des dirigeants d’autres pays européens (y compris au moins le Royaume-Uni, la Norvège et l’Islande) », explique également la source.

Moteur à combustion : pas une décision politique

La question de la transition énergétique, et en particulier celle de l’interdiction des moteurs à combustion interne, est un autre point sur lequel des changements importants ont été apportés dans le manifeste final.

L’interdiction de la vente de nouvelles voitures à moteur à combustion dans l’Union européenne d’ici 2035 a été approuvée par les ministres de l’Union en mars 2023.

Cependant, comme l’a déjà souligné Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et membre du PPE, la décision d’éliminer progressivement les moteurs à combustion sera réexaminée en 2026.

Dans son projet de manifeste, le PPE dit « rejet[er] une politique d’interdiction — telle que l’interdiction des moteurs à combustion » et précise qu’il en fera une « révis[ion] dès que possible ».

Selon la source, le manifeste indique qu’une meilleure solution ne sera atteinte que si « nous utilisons toutes les possibilités technologiques sans aucun préjugé ni idéologie ». Le parti dit défendre « le principe de la neutralité technologique et une politique fondée sur la création d’incitations pour les entreprises et l’industrie ».

« L’UE peut fixer des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais elle doit laisser aux acteurs privés, locaux et industriels la possibilité de trouver des solutions technologiques appropriées. Nous sommes en faveur de l’ouverture technologique dans les domaines de l’économie, de l’énergie et de la protection du climat. »

Le document suggère que « les ingénieurs, et non les législateurs, ainsi que le marché devraient décider de la meilleure technologie pour atteindre la neutralité carbone », conclut la source.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]