Embargo sur le pétrole iranien : toujours pas d'accord
Les représentants de l'Union européenne ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur les détails d'un embargo sur le pétrole iranien hier (19 janvier). Les diplomates ont toutefois déclaré qu'ils comptaient résoudre le problème lors d'une réunion des ministres européens des affaires étrangères lundi prochain.
Les représentants de l'Union européenne ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur les détails d'un embargo sur le pétrole iranien hier (19 janvier). Les diplomates ont toutefois déclaré qu'ils comptaient résoudre le problème lors d'une réunion des ministres européens des affaires étrangères lundi prochain.
Les 27 États de l'UE se sont mis d'accord sur le principe de mettre en place un embargo sur les importations de pétrole iranien afin d'intensifier les pressions sur Téhéran quant à son programme nucléaire.
Ils restent toutefois divisés sur plusieurs points, notamment la durée du délai de carence qui permettrait aux États fortement dépendants du pétrole iranien d'honorer leurs contrats actuels sur une période donnée après la mise en place de l'embargo.
Lors d'une réunion ce jeudi, de hauts diplomates européens étaient censés s'accorder sur un délai de carence qui se terminerait fin juin.
Dans le cadre de ce compromis, les gouvernements européens ne seraient pas autorisés à signer de nouveaux contrats avec l'Iran à partir du début de l'embargo, mais ils pourraient toujours acheter les volumes de pétrole brut prévus dans leurs contrats précédents. Cette dérogation prendrait fin le 1er juillet.
« Aucun accord n'a été conclu aujourd'hui, mais nous sommes convaincus que ce sera le cas lundi prochain. Le compromis proposé ne convenait pas à tout le monde », a déclaré un diplomate européen.
Ce diplomate a affirmé, sous le couvert de l'anonymat, que certains pays européens persistaient dans leur volonté d'écourter le délai de carence, alors que d'autres souhaitaient disposer de plus de temps pour trouver d'autres sources de brut.
Les pays occidentaux pense que Téhéran est en train de mettre au point des bombes atomiques, mais l'Iran continue de nier et affirme que ses activités de raffinage d'uranium sont uniquement destinées à la production d'électricité et à une utilisation médicale.
Les gouvernements européens sont partagés entre le désir de renforcer les pressions sur Téhéran et celui de prendre en compte les enjeux économiques. Certains États, comme la Grèce, s'inquiètent des coûts financiers de cette opération en pleine période de crise de la dette en Europe.
Athènes dépend fortement du pétrole iranien, dans la mesure où Téhéran lui a offert des conditions de crédit avantageuses sur ses importations.
D'autres pays pensent qu'autoriser une période de carence réduirait considérablement l'impact des sanctions étant donné que les trois-quarts du volume acheté par l'UE dépendent de contrats à long terme.
La Grèce s'inquiète
Certains diplomates ont expliqué que la Grèce avait exhorté ses pairs dans l'UE à promettre leur aide dans l'éventualité où Athènes ne parviendrait pas à s'assurer un approvisionnement suffisant en pétrole. Le pays souhaite que cette question soit abordée avant que la date butoir du délai de carence ne soit fixée.
« Nous comprenons tous les inquiétudes de la Grèce et son souhait que les Vingt-sept s'engagent à ne pas l'abandonner si elle ne parvient pas à assurer un approvisionnement suffisant lorsque l'embargo sera pleinement appliqué », a affirmé un diplomate européen.
« Il est vrai que certains pays souhaitent écourter le délai de carence, mais il s'agit surtout d'une décision d’ordre tactique […[ je reste persuadé que nous finirons par tomber d'accord sur la date du 1er juillet », a-t-il poursuivi.
L'une des solutions qui apaiseraient les inquiétudes de la Grèce consisterait à introduire une clause autorisant les États membres à procéder à l’évaluation des coûts économiques d'un embargo total peu avant sa mise en œuvre.
L'embargo européen fait suite aux sanctions sévères imposées par le président américain, Barack Obama, le 31 décembre dernier. Ces sanctions seront mises en œuvre progressivement, mais si elles sont pleinement appliquées, elles pourraient empêcher la plupart des pays d'acheter du pétrole iranien.
Selon des diplomates européens, les discussions devraient se poursuivre à Bruxelles dans les jours à venir, avant que les 27 ministres européens aux affaires étrangères ne prennent leur décision officielle. Les politiques européennes prévoyant des sanctions doivent être approuvées à l'unanimité et finalisées par les ministres concernés.