Émeutes en Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron en « mission » dans l'archipel
Alors que la situation reste très tendue en Nouvelle Calédonie, où des barrages bloquent les accès de certains quartiers de la capitale Nouméa, Emmanuel Macron est attendu dans l'archipel pour y installer « une mission », a expliqué la porte-parole du gouvernement, mardi (21 mai).
Alors que la situation reste très tendue en Nouvelle-Calédonie, où des barrages bloquent les accès de certains quartiers de la capitale Nouméa, Emmanuel Macron est attendu dans l’archipel pour y installer « une mission », a expliqué Prisca Thevenot, la porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres, mardi (21 mai).
« Le président est mobilisé sur le sujet, comme il l’est depuis 2017 », a-t-elle annoncé, sans préciser la durée du séjour d’Emmanuel Macron, ni la nature de cette « mission ». Selon elle, le Premier ministre Gabriel Attal « aura également l’occasion de se rendre sur place, pas immédiatement mais dans les semaines à venir ».
Emmanuel Macron sera accompagné du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, du ministre de la Défense Sébastien Lecornu et de la ministre déléguée à l’Outre-mer, Marie Guévenoux.
Plus de 400 commerces et entreprises ont été « détruits ou endommagés » depuis le début des violences, a souligné le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas, dans un communiqué publié mardi.
L’exécutif explique faire du retour « de l’ordre et de la sécurité » la condition sine qua non à toute reprise des négociations. Un déploiement militaire massif à la fin de la semaine dernière a porté le nombre de gendarmes, policiers et militaires présents en Nouvelle-Calédonie de 1 700 à 2 700, et des effectifs supplémentaires sont attendus.
La visite d’Emmanuel Macron « est une opportunité pour le dialogue qu’il faut saisir », a estimé mardi auprès de l’AFP le député non indépendantiste Philippe Dunoyer, membre du parti présidentiel.
Le second député Renaissance de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf, s’est quant à lui dit opposé à tout report ou retrait de la réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres.
Cette réforme prévoit l’élargissement du corps électoral de Nouvelle-Calédonie à tous les citoyens résidant dans l’archipel depuis 10 ans, ce qui devrait mathématiquement entrainer une perte du poids électoral des Kanaks. La réforme doit théoriquement être validée « avant la fin juin », selon Emmanuel Macron, par un Congrès réunissant sénateurs et députés, alors que toutes les oppositions appellent à reporter le texte.
Les présidents des régions Réunion, Guadeloupe, Martinique et de la collectivité de Guyane ont demandé dimanche le « retrait immédiat » de la réforme.
« Nous considérons que la situation est devenue tellement grave et compliquée […] qu’il faut aujourd’hui un geste fort du président de la République », a expliqué sur TFI Gabriel Serville, le président de la Collectivité Territoriale de Guyane, craignant « un phénomène de contagion » dans les autres territoires d’outre-mer.
[Édité par Anna Martino]