Emmanuel Macron promet de « reprendre le contrôle » du temps d'écran chez les jeunes

Emmanuel Macron a souhaité la création de nouvelles règles pour diminuer le temps d’écran des jeunes, lors d’une conférence de presse au palais de l’Élysée. Le but : empêcher notamment la propagation des théories complotistes.

Euractiv.com
French President Macron holds press conference at ElyseePalace in Paris
Pour la seconde fois depuis que M. Macron a été élu en 2017, le président a tenu une conférence de presse regroupant des centaines de journalistes au palais de l’Élysée, où il a détaillé sa politique et ses priorités. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Emmanuel Macron a souhaité la création de nouvelles règles pour diminuer le temps d’écran des jeunes, lors d’une conférence de presse au palais de l’Élysée mardi (16 janvier). Le but : empêcher notamment la propagation des théories complotistes.

Pour la seconde fois depuis que M. Macron a été élu en 2017, le président a tenu une conférence de presse regroupant des centaines de journalistes au palais de l’Élysée, où il a détaillé sa politique et ses priorités.

« Si on a des enfants qui ont un rapport à la vérité mal bâti, ou en tout cas construit sur des réseaux sociaux, la différence entre la vérité et la contre-vérité n’est pas claire. Bonjour la génération des complotistes ! », a prévenu M. Macron.

Le président français a annoncé que le gouvernement déciderait d’éventuelles « interdictions » et « restrictions » pour les mineurs sur la base d’un rapport d’une commission d’expert qui sera remis en mars.

Sur base du « consensus scientifique » établi dans le rapport, le président souhaite continuer à lutter contre le harcèlement scolaire, l’exposition à la pornographie et les mauvais usages de la technologie.

Faisant référence au règlement sur les services numériques de l’UE (Digital Services Act, DSA), dont le texte a été approuvé lors de la présidence française tournante du Conseil de l’UE en 2022, M. Macron a déclaré : « L’Europe est aux avant-postes sur ce sujet. […] on a mis une responsabilité sur les diffuseurs de contenus. »

Le président français a insisté sur deux lois qu’il considère comme complémentaires à la protection des enfants. Il a mentionné la loi de 2018 interdisant l’utilisation des smartphones à l’intérieur des écoles et celle de 2022, qui oblige la préinstallation d’un logiciel de contrôle parental sur les appareils connectés vendus en France.

Émeutes suite à la mort de Nahel

Revenant sur la période d’émeutes qu’a connue la France en juillet 2023 après la diffusion en ligne d’une vidéo montrant le tir d’un policier qui aurait causé la mort de Nahel M., un adolescent de 17 ans, Emmanuel Macron a déclaré : « Les écrans ont joué un rôle très important que nous n’avait jamais vu ».

« En quelques minutes, on voyait des centaines d’actions se déployer, des rendez-vous donnés sur tel ou tel réseau social par l’écran. Il y a eu une forme de mimétisme qui a conduit à un embrasement totalement déraisonnable. »

Dans son analyse de cette période, M. Macron a déclaré avoir constaté une conjonction de problématiques, notamment celle de la rénovation urbaine, de l’éducation, de l’accès à la culture, du sport, des opportunités économiques, de l’intégration, de l’oisiveté et de la pauvreté.

Il n’est pas revenu sur sa proposition de bloquer les réseaux sociaux en cas de crise, ni celle du député Paul Midy de mettre fin à l’anonymat en ligne, qui avaient toutes deux été très critiquées en juillet.

Investir dans la jeunesse

Dans cette optique, M. Macron a répété à plusieurs reprises que « l’ordre et le progrès » permettaient de créer une société plus juste.

« La promesse républicaine, c’est celle de l’égalité des chances », a-t-il poursuivi, affirmant qu’il travaillerait avec son gouvernement pour approfondir l’accès à la culture et au sport, mais aussi pour changer les mentalités afin que tout le monde ait envie de s’engager dans ces domaines.

Emmanuel Macron a ensuite expliqué la manière dont il comptait investir dans la jeunesse. Il prévoit de renforcer les cours d’ « instruction civique », d’améliorer les enseignements artistiques, et culturels et d’instaurer une cérémonie de remise des diplômes, un « rituel républicain d’unité ».

Le président n’a pas parlé de possibles cours d’éducation numérique, de sensibilisation au numérique ou de cyberhygiène dans ce plan pour la jeunesse.

Interrogé par l’auditoire lui demandant si sa politique ne pouvait pas sembler dépassée, il a répondu : « Moi je ne crois pas du tout que le symbolique soit vieux jeu ».