Emmanuel Macron promet un grand virage écologique
En meeting à Marseille le 16 avril, Emmanuel Macron a choisi d’aborder l’écologie. Son objectif : séduire la jeunesse qui a voté en majorité pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Samedi 16 avril, le président-candidat, Emmanuel Macron, était à Marseille, terre de gauche où Jean-Luc Mélenchon a obtenu 31% lors du premier tour de l’élection présidentielle. Afin de séduire la jeunesse qui a voté en majorité pour Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, Emmanuel Macron a choisi d’aborder l’écologie.
Devant 3 000 personnes (selon les organisateurs), il a d’abord défendu son quinquennat expliquant qu’il n’avait « pas rien fait durant ces cinq années comme [il] entend certains le dire ». Avant de citer quelques exemples de réussites, selon lui : l’abandon de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes ou encore le gigantesque projet de centre de loisir et de commerce EuropaCity.
Surtout, le discours a été marqué par quelques annonces, comme le fait que le futur Premier ministre sera également chargé de la « planification écologique », un projet inscrit dans le programme de Jean-Luc Mélenchon.
Il sera secondé par un ministre de la « planification énergétique », qui aura pour objectif de sortir la France des énergies fossiles tout en développant le nucléaire et les énergies renouvelables. De son côté, le ministre « chargé de la planification écologique territoriale » devra « organiser avec les élus locaux la transition environnementale dans chaque territoire ».
Plusieurs autres annonces ont été prononcées comme par exemple la création d’une « fête de la Nature » annuelle, sur le modèle de la fête de la musique.
Si les questions écologiques sont centrales comme il l’a martelé pendant son discours, il précise néanmoins ne pas croire en la décroissance. « Pour financer nos hôpitaux, il nous faut produire et travailler davantage » a-t-il prévenu.
Ce meeting était l’occasion de faire valoir un projet écologique, alors que la pression s’accroît avec la sortie du nouveau rapport du GIEC et les fortes aspirations sociétales. En même temps, à Paris, des jeunes manifestaient samedi en faveur du climat, à l’appel de l’association Extinction rebellion. Leur mot d’ordre : « Rien ne change… voter ne suffit plus ». De même, le think tank The Shift project avait noté le programme écologique de l’ensemble des candidats au mois de mars dernier. « Nous ne savons à peu près rien de sa stratégie future » écrivaient-ils au sujet de celui d’Emmanuel Macron.
Sous le soleil marseillais, le président sortant a donc tenté de rassurer sur ses ambitions, promettant que son quinquennat sera « écologique ou ne sera pas ». Il n’a pas non plus manqué d’attaquer sa rivale Marine Le Pen sur ce terrain, allant jusqu’à la taxer de « climato-sceptique ». S’il garde un peu d’avance sur la candidate d’extrême droite, le « front républicain » ne semble pas aussi net qu’en 2017.