En amont du Sommet UE-Russie, les tensions s'aggravent [FR]
Le 18 mai 2007, les dirigeants de l'UE et de Russie doivent se rencontrer à Samara (Russie) pour le Sommet bi-annuel UE-Russie, toutefois, assombrit par la perspective d'un refus européen de soutenir l'entrée de la Russie à l'OMC, tant que le pays ne respecte pas ses engagements à l'égard de l'UE.
Le 18 mai 2007, les dirigeants de l’UE et de Russie doivent se rencontrer à Samara (Russie) pour le Sommet bi-annuel UE-Russie, toutefois, assombrit par la perspective d’un refus européen de soutenir l’entrée de la Russie à l’OMC, tant que le pays ne respecte pas ses engagements à l’égard de l’UE.
Un article publié par European Voice le 3 mai 2007 a présenté les extraits d’un document stratégique interne discuté par les ministres européens fin avril. Ce document met en garde le président russe Vladimir Poutine contre le possible veto de l’UE contre la demande de la Russie d’entrée à l’OMC sans amélioration des relations.
Toutefois, les diplomates russes miniment la querelle et l’UE dément toute intention de s’opposer à la Russie. Un porte-parole de la Commission a indiqué que l’UE était « fermement engagée » vis-à-vis de l’adhésion de la Russie à l’OMC.
L’UE dépend fortement de la Russie pour ses échanges énergétiques et la question de l’OMC pourrait constituer le principal levier de négociation dont dispose l’UE. Le commissaire au commerce extérieur, Peter Mandelson, avait déjà évoqué l’adhésion à l’OMC en avril dernier en faisant référence au conflit s’éternisant entre la Pologne et la Russie, qui bloquait les exportations de viande polonaises sous prétexte de normes sanitaires défaillantes. La Pologne a menacé d’opposer son veto au prochain sommet UE-Russie, jugeant que cet embargo de plus d’un an reposait sur des motifs politiques. La Pologne a opposé son veto au dernier Sommet UE-Russie de novembre 2006. La Lituanie pourrait également s’opposer au Sommet après la clôture par la Russie l’an dernier d’un oléoduc fondamental.
Les relations se sont détériorées pour d’autres motifs : des manifestants russes ont encerclé puis piégé pendant des jours des diplomates dans l’ambassade estonienne de Moscou, à la suite du déplacement d’un mémorial de guerre du centre-ville de Tallin à la périphérie de la capitale. Les Estoniens percevaient ce monument comme un symbole de l’oppression russe alors qu’il incarnait pour les Russes les sacrifices de la Russie pendant le Seconde Guerre mondiale. La population estonienne est composée à 1/4 de Russes. La présidence allemande s’est montrée « très inquiète » de l’évolution de la situation entre la Russie et l’Estonie.
Les dirigeants européens se sont également trouvés désemparés devant la violente répression en avril par les autorités russes des manifestations pacifiques anti-Kremlin.
La coopération UE-Russie a été institutionnalisée en 1997 dans un Accord de partenariat et de coopération (APC), couvrant de nombreuses relations bilatérales. La coopération énergétique s’inscrit dans un Dialogue énergétique UE-Russie. Toutefois, ce cadre de coopération est mis à l’épreuve par les événements récents. Selon des déclarations du commissaire Mandelson en avril 2007, les relations entre l’UE et la Russie contiennent un « degré de méfiance et de malentendu jamais vu depuis la guerre froide ».