En Belgique, le gouvernement reste divisé sur la reconnaissance de l’État palestinien

De retour de leur pause estivale, les ministres du gouvernement belge, réunis mercredi 27 août, ont cherché à s’accorder sur une position concernant la reconnaissance de l’État palestinien. Un sujet qui divise la coalition de cinq partis depuis des semaines.

Euractiv France
Deputy Prime Minister and Minister of Foreign Affairs of
Maxime Prévot, vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, européennes, et de la Coopération au développement. [Getty Images/Dominika Zarzycka_SOPA Images_LightRocket]

Le gouvernement fédéral belge n’a, pour l’heure, toujours pas adopté de position unie sur la question de la reconnaissance de la Palestine et d’un génocide à Gaza, ni sur d’éventuelles sanctions contre Israël. Plusieurs partis de la coalition ont averti que si la Belgique reste sur sa position, d’autres décisions en souffriront.

Les tensions ont couvé tout l’été au sein du gouvernement fédéral, composé de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA, CRE), du Mouvement Réformateur (MR, Renew), et des partis Les Engagés, Vooruit (S&D) et les Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V, PPE). Ces trois derniers fustigent l’inaction de l’exécutif sur la question.

Le conseil des ministres restreint, qui ne s’était pas encore réuni pour en discuter avant mercredi, n’est pas parvenu à dégager un consensus.

D’un côté, Les Engagés, Vooruit et le CD&V plaident pour une reconnaissance rapide de la Palestine et des sanctions ; de l’autre, MR et N-VA conditionnent toute reconnaissance à plusieurs exigences, notamment la démilitarisation du Hamas, la libération des otages et des garanties de sécurité pour Israël et soulignent les largages humanitaires auxquels a participé la Belgique.

La veille de la réunion, lors d’une conférence de presse aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) a affirmé qu’il jugeait la reconnaissance de la Palestine nécessaire, mais seulement si certaines conditions étaient respectées. « Si elles ne le sont pas, une reconnaissance est inutile et même contre-productive. »

Mercredi matin, avant les discussions ministérielles, le vice-premier ministre et ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), a insisté sur l’urgence de réagir face à la situation humanitaire à Gaza. Il a estimé que la Belgique devait envoyer un signal « bien plus fort » que ce qu’elle fait actuellement, en coordination avec d’autres pays, afin de permettre aux Israéliens et Palestiniens de « cohabiter en paix ». Il a prévenu que la patience de son parti était « épuisée ».

Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés) a quant à lui déclaré avant la rencontre qu’il y avait « matière à se mettre du bon côté de l’Histoire ».

Lundi 25 août, le ministre avait menacé dans une interview au Standaard de bloquer des dossiers importants si le gouvernement ne se montre pas plus ferme envers Israël et si aucune mesure n’est prise en faveur d’une reconnaissance de l’État palestinien. Mercredi, avant la rencontre, il a précisé que son « souhait n’est évidemment pas d’initier un blocage total quelconque ».

Il a présenté une note à ses collègues, consultée par la RTBF et la VRT, rappelant les principes du droit international, notamment le fait que la Belgique a signé la Convention de l’ONU de 1948 sur le génocide et a donc l’obligation de prévenir un tel crime.

Les ministres israéliens Israel Katz (Défense), Itamar Ben-Gvir (Sécurité nationale) et Bezalel Smotrich (Finances) pourraient également se voir interdire l’entrée en Belgique.

La note suggère en outre d’étendre l’interdiction d’importation d’armes et de suspendre l’importation de biens et de services provenant des colonies israéliennes.

Maxime Prévot a aussi exhorté la Belgique à suivre l’exemple de la France et à annoncer sa reconnaissance de la Palestine avant l’Assemblée générale des Nations Unies de septembre.

Pour l’instant, toutefois, aucun consensus ne semble se dessiner. Les discussions devraient reprendre lundi 1er septembre.