En Belgique, les réserves de sang fondent « comme neige au soleil » alors que le moustique tigre se propage

La Croix-Rouge de Belgique a lancé mercredi 20 août un appel « super urgent » aux dons de sang, car la propagation du moustique tigre à travers l’Europe limite les possibilités de dons.

EURACTIV.com
Blood donation at stadium in Brussels
BRUSSELS, BELGIUM - NOVEMBER 30: Citizens donate blood at Joseph-Marien Stadium as part of an event led by Red Cross, on November 30, 2020 in Brussels, Belgium. (Photo by Dursun Aydemir/Anadolu Agency via Getty Images) [Getty Images/Dursun Aydemir_Anadolu]

Les hivers plus doux, la hausse des températures et les étés plus longs favorisent la propagation des maladies transmises par les moustiques à travers l’Europe, qui sont devenues un problème de santé publique croissant.

À tel point que la Croix-Rouge belge a déclaré l’état d’urgence en raison de la présence croissante du moustique tigre, qui peut être vecteur de maladies telles que le chikungunya, la dengue et le virus du Nil occidental.

« Ce phénomène oblige le Service du Sang à prendre des mesures drastiques pour éviter d’infecter les patients comme écarter temporairement les vacanciers revenus d’une zone à risques pas si exotique. En conséquence », a averti l’organisation mercredi.

Le taux de refus de dons après un voyage a presque doublé au cours des deux dernières semaines, et la liste des zones touchées a été allongée. Sont concernées les personnes « revenant du sud de la France, mais aussi par exemple de l’Alsace, ou qui ont parcouru en voiture ces régions ».

Si la Croix-Rouge teste le sang donné pour le virus du Nil occidental depuis l’été dernier, elle ne dispose pas des moyens nécessaires pour dépister d’autres virus transmis par les moustiques.

Les personnes qui ont séjourné ou transité dans une zone à risque doivent attendre au moins 28 jours après leur retour avant de donner leur sang, leur plasma ou leurs plaquettes.

Si certains « désirent aider les personnes malades dans le besoin par leur don, ils devront malheureusement patienter afin d’écarter tout risque », explique Geneviève Mathy, directrice générale du Service de transfusion sanguine de la Croix-Rouge.

Mais celles et ceux qui ne se sont pas rendus dans des régions à haut risque cet été sont invités à donner leur sang pour aider à répondre à la forte demande des hôpitaux, car les réserves de sang « ont fondu comme neige au soleil », selon les termes de la Croix-Rouge.

Cette année, l’on a enregistré « des épidémies record d’infections par le virus du Nil occidental et le virus du chikungunya », note le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Le moustique tigre est désormais présent dans 16 pays européens et 369 régions, contre seulement 114 il y a dix ans, selon l’ECDC. Cette situation est liée à des « facteurs climatiques et environnementaux » qui prolongent les périodes de transmission.

Pour la première fois, un cas contracté localement a été signalé en Alsace, « un évènement exceptionnel à cette latitude, qui souligne la poursuite de l’expansion [du moustique] vers le nord du risque de transmission », poursuit l’agence.

(asg)