En Belgique, les Verts reprochent au Premier ministre son appel à une pause règlementaire
Les partis écologistes flamands et wallons ont critiqué l’appel du Premier ministre Alexander De Croo à une pause sur la règlementation climatique de l’UE, qui fait écho à l’appel du président français Emmanuel Macron, également condamné par les Verts en France.
Les partis écologistes flamands et wallons ont critiqué l’appel du Premier ministre Alexander De Croo à une pause sur la règlementation climatique de l’UE, qui fait écho à l’appel du président français Emmanuel Macron, également condamné par les Verts en France.
Les entreprises ne devraient pas être « surchargées » par la législation, a déclaré M. De Croo (Open VLD, Renew Europe) à LN24 mercredi (24 mai), citant les normes pour la biodiversité, l’azote et les objectifs pour les émissions de CO2 comme exemples.
La réduction des émissions de gaz à effet de serre est une priorité pour lui, même si les mesures environnementales pourraient inquiéter l’industrie, qui, selon lui, a besoin d’une marge de manœuvre pour suivre les nouvelles mesures climatiques de l’UE.
« Je veux garder une économie en Belgique, une industrie, m’assurer que nos PME [petites et moyennes entreprises] soient capables de créer des emplois, dont nous aurons besoin pour réduire les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il déclaré.
Alors que M. De Croo affirme que sa position est la même que celle adoptée par la Belgique au niveau européen, la ministre du Climat et de l’Environnement, Zakia Khattabi (Ecolo/Verts/ALE), affirme que ce n’est pas le cas.
« Ce n’est pas la position du gouvernement belge ! » a écrit Mme Khattabi sur Twitter mardi (23 mai).
« Les propos de ce représentant de l’Open VLD sont très surprenants », a pour sa part tweeté la coprésidente d’Écolo, Rajae Maouane, appelant le Premier ministre à réagir et à retirer la position du gouvernement.
Alors que le gouvernement flamand s’est déclaré opposé à la proposition de loi sur la restauration de la nature, le gouvernement fédéral n’a pas encore rendu publique sa position officielle sur le sujet, selon l’agence de presse Belga.
En appelant à une pause règlementaire, M. De Croo a rejoint la position de M. Macron, qui a été critiquée par les Verts et la gauche au niveau national.
Quant aux libéraux belges, ils partagent généralement l’avis de M. De Croo.
« Il faut […] légiférer intelligemment et pas par dogmatisme. La gauche veut-elle la misère et les famines ? », a déclaré mercredi sur Twitter le président du Mouvement réformateur (MR/Renew Europe), Georges Louis Bouchez.
Invité sur le plateau de RTL jeudi (25 mai), il a déclaré que la vision purement « climatique » allait « détruire l’industrie européenne », mais également l’agriculture et l’autonomie énergétique et stratégique du continent. Il souligne que ces industries seront ensuite déplacées ailleurs dans le monde, ce qui n’aide pas à lutter contre le changement climatique et, en plus, nous nuirait.
Il a donné l’exemple des mines, que l’Europe s’est évertuée à fermer sur son territoire. Ces mines polluantes ont simplement été réouvertes ailleurs, notamment en Chine. « On ne sauve pas le climat et on détruit notre économie » avec de telles mesures, affirme l’homme politique belge.
Au contraire, il faut « réindustrialiser l’Europe et imposer des lois intelligentes pour faire en sorte que ces industries polluent moins », explique-t-il.
Il concède toutefois que le mot « pause » a certainement mal choisi et les propos du Premier ministre belge ont été caricaturés, son objectif étant plutôt de trouver un équilibre entre le défi qu’est le changement climatique et le bien-être de la population européenne.