En Italie, les longues listes d’attente compliquent le traitement du myélome
Malgré les progrès réalisés en Italie en matière de médicaments et de traitements innovants pour lutter contre le myélome multiple, les patients signalent que les longues listes d’attente dans les établissements de santé publics constituent encore de sérieux obstacles.
Malgré les progrès réalisés en Italie en matière de médicaments et de traitements innovants pour lutter contre le myélome multiple, les patients signalent que les longues listes d’attente dans les établissements de santé publics constituent encore de sérieux obstacles.
Le myélome multiple est un cancer qui s’attaque à un type particulier de cellules de la moelle osseuse, les plasmocytes, des cellules dérivées des lymphocytes B responsables de la production d’anticorps pour lutter contre les infections.
En Italie, il touche environ 5 600 personnes par an et constitue le deuxième cancer du sang le plus fréquent (10 %) après les lymphomes. En outre, il présente une incidence croissante (+126 %).
Les taux de survie augmentent également, atteignant 52,1 % chez les hommes et 53,6 % chez les femmes, notamment grâce à l’introduction de nouveaux médicaments dans le traitement.
Cependant, l’accès au traitement n’est pas toujours aisé, les patients se trouvant confrontés à de longues listes d’attente dans les établissements de santé publics, ce qui les oblige à se tourner vers des établissements privés pour bénéficier d’un diagnostic.
Pina C. (77 ans), une ancienne professeure diagnostiquée d’un myélome multiple en juillet 2021, a témoigné pour EURACTIV Italie : « Grâce au traitement que j’ai reçu, je vais mieux aujourd’hui ».
Bien qu’elle vive en Calabre, la patiente a choisi de passer les examens médicaux nécessaires dans un établissement médical privé en Campanie pour trouver l’origine de ses douleurs osseuses.
Elle a ainsi évité les longues listes d’attente des établissements de santé publics de Calabre, en proie également à une pénurie d’établissements de santé privés.
Une fois le diagnostic du myélome multiple posé, elle a pu commencer son traitement à la polyclinique Mater Domini de Germaneto, en Calabre, près de son domicile.
« Les fractures osseuses causées par le myélome ont rendu chaque mouvement difficile, tant à la maison qu’à l’hôpital », a-t-elle déclaré.
Après la chimiothérapie, elle a commencé une thérapie de consolidation pour renforcer ses os, thérapie qu’elle suit toujours actuellement.
« Je suis en phase de rémission […] grâce à l’expertise des médecins et aux soins que j’ai reçus », a-t-elle noté.
Progrès en matière de traitement
Selon l’Association italienne d’oncologie médicale (AIOM), en 2020, les cas de myélome multiple en Italie représentaient 1,5 % (1 759 cas) de tous les cancers diagnostiqués chez les femmes et les hommes et présentaient un taux d’incidence assez homogène en ce qui concerne la répartition géographique et l’évolution dans le temps.
L’incidence de ce type de cancer est restée globalement stable, tandis que la mortalité a légèrement diminué.
Les solutions thérapeutiques pour lutter contre le myélome multiple « se sont progressivement enrichies de médicaments innovants et de nouvelles stratégies thérapeutiques », a expliqué le professeur Pierfrancesco Tassone à EURACTIV.
M. Tassone coordonne un groupe de recherche visant à développer des stratégies thérapeutiques innovantes pour traiter les tumeurs malignes humaines et s’intéresse particulièrement au myélome multiple à l’université de Catanzaro.
« Grâce aux immenses progrès de la recherche préclinique et clinique, le traitement du myélome multiple a considérablement prolongé, au cours des dix dernières années, la survie des patients atteints [de la maladie] et amélioré leur qualité de vie », a ajouté M. Tassone.
Il a également souligné le soutien « inestimable » apporté par l’Association pour la recherche sur le cancer (AIRC) et ses bénévoles, sans lesquels le projet de recherche, auquel participent plusieurs jeunes chercheurs, « n’aurait même pas été possible » en Italie.
« L’objectif de guérison définitive n’a pas encore été atteint aujourd’hui, mais les progrès rapides de ces dernières années permettent d’envisager des résultats décisifs dans un avenir relativement proche », a-t-il déclaré.
Il a également expliqué que de nouveaux produits biotechnologiques tels que les cellules CAR-T (Chimeric Antigenic Receptor – T), des anticorps bispécifiques, et les immunoconjugués de nouvelle génération sont en train de révolutionner le traitement du myélome multiple, ouvrant de nouvelles possibilités immunologiques concrètes pour le contrôle à long terme de la maladie.
« En Italie, grâce à un système universaliste dont nous devons être fiers, il est possible d’accéder à des traitements innovants sans distinction dans tout le pays », explique le professeur.
Cependant, « la logistique complexe et coûteuse des traitements de haute technologie, qui passent souvent par des laboratoires étrangers, pourrait compromettre un système d’accès aux traitements aussi vertueux que le système italien ».
Selon M. Tassone, il s’agit précisément de l’un des défis à relever dans le cadre du plan national pour la reprise et la résilience (PRR).
[Édité par Anne-Sophie Gayet]