Les géants de l’énergie s’allient contre les subventions aux fossiles

Treize géants de l'énergie, dont Siemens, Shell et Total lancent une initiative commune pour limiter les aides d’États aux centrales polluantes.

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Les centrales polluantes ne devraient pas être subventionnées, selon certaines entreprises. [[Shutterstock]]

Treize géants de l’énergie, dont Siemens, Shell et Total lancent une initiative commune pour limiter les aides d’États aux centrales polluantes.

L’initiative Make Power Clean soutient la proposition de la Commission européenne pour la création d’un critère d’« éligibilité carbone », selon lequel les fournisseurs d’énergie bénéficiaires d’aides d’État devraient limiter leurs émissions de CO2.

Dans une lettre commune aux eurodéputés et à la Commission, les dirigeants d’entreprises comme Statoil et Solar Power Europe défendent que « nos factures d’électricité ne devraient pas financer les activités des centrales les plus polluantes, étant donné que d’autres options, plus propres, sont disponibles », ce qui « contredit directement les objectifs des politiques énergétiques et climatiques de l’UE, ainsi que l’intérêt des consommateurs européens ».

Les membres de l’initiative appellent à un plafond de 550 g de CO2 par kWh pour les fournisseurs qui perçoivent des subventions via le mécanisme de capacité européen. Leur lettre appelle également à un mécanisme transparent qui corresponde aux politiques en matière d’investissement de la Banque européenne d’investissement.

Malgré l’existence théorique d’un plafond pour les centrales subventionnées, le groupe d’entreprises assure que les fournisseurs d’énergie peuvent se servir du système d’échange de quotas d’émissions (ETS) pour couvrir leur CO2 relâché. Sa lettre qualifie d’ailleurs de « cruciale » la réforme prévue du système ETS, qui tente d’établir un prix plus juste, pour la transition à une énergie plus respectueuse.

Les États-Unis avancent

L’initiative suit d’une semaine le soutien d’un projet américain de taxation du carbone à 40 dollars (35 euros) la tonne par un groupe de grandes multinationales, dont ExxonMobil, Shell, BP et Total. Unilever, PepsiCo, General Motors et Johnson & Johnson ont également rejoint les rangs des grandes entreprises qui défendent le Climate Leadership Council mené par le Parti républicain.

À la chambre des représentants, la chambre basse du Congrès américain, responsable de la législation nationale, les républicains ont ainsi  présenté une résolution pour sensibiliser le pays face au changement climatique.

Au niveau mondial, des géants financiers, comme Bank of America, Barclays et Hermès Investment Management se sont alliés pour mettre en place le premier système de tarification du carbone pour le secteur de l’investissement.

Si ce système est conforme à l’Accord de Partis, des économistes ont d’ores et déjà prévenu que les pays devraient augmenter les taxes sur les émissions de CO2 jusqu’à 100 dollars (environ 90 euros) par tonne s’ils veulent éviter une catastrophe climatique.