Entretien : Kwa?niewski critique « l'erreur » de Sarkozy à l'égard de la Russie [FR]

Le président français Nicolas Sarkozy a commis une erreur en s'opposant à la candidature d'adhésion de la Géorgie à l'OTAN. C'est ce qu'a déclaré l'ancien président polonais Aleksander Kwa?niewski dans un entretien à EURACTIV Pologne. Mais les négociations qu'a tenues M. Sarkozy avec Moscou à la suite du conflit entre la Russie et la Géorgie lui ont fait comprendre à quel point les Russes sont difficiles, a-t-il ajouté. 

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Le président français Nicolas Sarkozy a commis une erreur en s’opposant à la candidature d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN. C’est ce qu’a déclaré l’ancien président polonais Aleksander Kwa?niewski dans un entretien à EURACTIV Pologne. Mais les négociations qu’a tenues M. Sarkozy avec Moscou à la suite du conflit entre la Russie et la Géorgie lui ont fait comprendre à quel point les Russes sont difficiles, a-t-il ajouté. 

M. Kwa?niewski, ancien dirigeant de gauche qui a assumé la fonction de président de la Pologne pendant 10 années, au cours desquelles son pays devint membre de l’OTAN et de l’UE (1995-2005), a indiqué que la France « ne comprenait pas suffisamment bien la situation dans le Caucase ». Il a en outre affirmé que la France a commis une erreur en refusant d’accorder un plan d’action pour l’adhésion à la Géorgie et à l’Ukraine lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu au mois avril dernier à Bucarest (EURACTIV 02/04/08).

« L’adhésion de la Géorgie à l’OTAN aurait contenu les Russes tout comme Saakashvili », a indiqué M. Kwa?niewski, qui pourrait, selon la presse polonaise, accéder à la fonction de secrétaire général de Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). 
Mais M. Kwa?niewski a reconnu les efforts de médiation de M. Sarkozy à la suite de la brève guerre du mois d’août, qualifiant les mesures prises par le président français « d’importantes » et de « difficiles ». 

« Les Français, qui témoignent un amour passionné pour la Russie, ont constaté à quel point il est difficile de parler avec les Russes. Ils ont constaté de leurs propres yeux que signer un accord ou une déclaration ne signifie parfois rien pour les Russes. Il s’agit d’une bonne expérience pour les responsables politiques européens », a déclaré l’ancien président polonais. 

M. Kwa?niewski a également reconnu que les efforts de médiation de M. Sarkozy ont montré qu’une politique étrangère commune de l’UE est possible et qu’elle peut être couronnée de succès. 

Par rapport à l’échec du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, il pense que le résultat aurait été positif si la crise financière internationale avait éclaté au moment du référendum. Désormais, les Irlandais comprennent que l’UE fournit davantage de sécurité en période difficile, a-t-il déclaré. 
L’ancien président polonais a salué la récente décision de l’UE de lever les sanctions imposées à la Biélorussie, (EURACTIV 14/10/08) notamment parce que Minsk n’avait pas reconnu les régions séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. 

« Je suis totalement d’accord avec cette décision. C’est extrêmement important que les Biélorusses soient convaincus que la voie est ouverte pas seulement vers Moscou mais également vers Bruxelles », a fait remarquer M. Kwa?niewski.

Quant à sa carrière personnelle, il a affirmé qu’il préférait évoluer au niveau international.  

« Je travaille avec des forces politiques diverses dans le monde entier. Je suis très occupé et je voyage probablement davantage qu’à l’époque où j’étais président. […] Les Polonais n’apprécient pas toujours l’expérience des anciens présidents. Je suis heureux qu’en Europe, ce soit le contraire », a-t-il indiqué.