Entretien : l’accord climatique international sera « une tâche difficile » pour Obama [FR]

La conférence climatique de l'ONU, prévue l'année prochaine à Copenhague, pourrait ne pas réussir à élaborer les détails d'un accord post-Kyoto, mais « quelque chose d'important  » en ressortira. C'est qu'a indiqué dans un entretien à EURACTIV Stuart Eizenstat, ancien ambassadeur américain auprès de l'UE et ancien conseiller présidentiel. 

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La conférence climatique de l’ONU, prévue l’année prochaine à Copenhague, pourrait ne pas réussir à élaborer les détails d’un accord post-Kyoto, mais « quelque chose d’important  » en ressortira. C’est qu’a indiqué dans un entretien à EURACTIV Stuart Eizenstat, ancien ambassadeur américain auprès de l’UE et ancien conseiller présidentiel. 

S’exprimant en marge d’un débat organisé par Friends of Europe, Stuart Eizenstat, qui a rempli plusieurs mandats politiques sous les administrations des MM. Clinton et Carter, est convaincu que malgré tous les efforts, il sera difficile pour les Etats-Unis de mettre en œuvre une législation sur le commerce du carbone et des objectifs contraignants à temps pour la signature d’un accord post-Kyoto en 2009. 

« La nouvelle administration apportera un grand changement », a-t-il indiqué à EURACTIV. Le président élu M. Obama souhaite transformer l’économie américaine et utiliser le paquet de relance pour développer des technologies et des infrastructures vertes ainsi que pour créer des emplois verts », a-t-il souligné. Toutefois, conclure un accord final dont les moindres détails ont été vu et revu sera une tâche difficile, a ajouté M. Eizenstat, laissant entendre que la conférence de l’ONU sur le changement climatique à Copenhague représenterait une étape importante dans le processus important, mais que ce ne sera pas la fin de l’histoire. 

M. Eizenstat, qui a déjà gagné la réputation de « sage de Washington », devrait servir M. Obama en coulisses en tant que mentor. Il a souligné toutefois qu’il est « d’une importance capitale de fixer à Copenhague tout au moins le cadre de l’accord final,  qui serait peut-être conclu en 2010 ». 

Selon M. Eizenstat, le cadre devra se concentrer sur les engagements pris par les pays en développement ainsi que les pays développés à l’égard des compensations, des crédits de carbone et du transfert technologique sans compromettre la protection de la propriété intellectuelle. « Pour toutes ces questions importantes, je pense que nous avons besoin de réponses fondamentales. Il se peut que nous n’arrivions pas à répondre à toutes les questions, mais nous avons besoin de nous mettre d’accord sur les principaux concepts. Et je pense que cela est réaliste », a-t-il ajouté. 

A la suite de son élection, M. Obama a réitéré son souhait que les Etats-Unis « s’engagent énergiquement » dans les négociations climatiques. Et pour confirmer cette intention, il a demandé au sénateur John Kerry de prendre part à la conférence climatique de l’ONU qui s’est déroulée la semaine dernière à Pozna? (Pologne). 

« Selon le sénateur John Kerry, nous pouvons conclure un accord international avant même qu’agisse le Congrès. Il a déclaré cela à Pozna?. C’est une manière de penser, mais au Congrès, il y a des responsables politiques qui pensent différemment », a fait remarquer M. Eizenstat.  

A l’instar de M. Eizenstat, certains observateurs à Washington insistent sur le fait que les Etats-Unis ne sont pas en position de prendre des engagements actifs avant mars ou avril de l’année prochaine, et selon eux, il est peu probable que la nouvelle administration de M. Obama se concentre sur des engagements internationaux en matière de changement climatique avant de faire passer la législation nationale. Les futurs présidents des comités de l’énergie et du commerce du Sénat et de la Chambre des représentants, respectivement Barbara Boxer et Henry Waxman, auraient annoncé leur intention de faire pression en faveur de la législation début 2009. 

« Les choses vont changer », a déclaré M. Eizenstat. « Mais il n’est pas raisonnable de s’attendre à ce que cela arrive le jour qui suit l’investiture de M. Obama », a-t-il conclu. 

Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.