Entretien : l’Europe doit prouver sa valeur à Obama [FR]

L’actuelle « constellation » de leaders européens donne au prochain président des Etats-Unis Barack Obama une « chance unique » de renforcer les relations entre l’UE et les Etats-Unis, mais l’Europe doit en retour « montrer à Obama qu’il peut être un partenaire efficace ». C’est ce qu’a déclaré dans un entretien à EURACTIV Fred Kempe, président du Conseil Atlantique des Etats-Unis, un éminent think tank de Washington.

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L’actuelle « constellation » de leaders européens donne au prochain président des Etats-Unis Barack Obama une « chance unique » de renforcer les relations entre l’UE et les Etats-Unis, mais l’Europe doit en retour « montrer à Obama qu’il peut être un partenaire efficace ». C’est ce qu’a déclaré dans un entretien à EURACTIV Fred Kempe, président du Conseil Atlantique des Etats-Unis, un éminent think tank de Washington.

M. Kempe a clairement laissé entendre que les défis politiques concrets qu’attendent M. Obama l’emportent de loin sur les attentes internationales majeures par rapport à sa présidence. Il a en outre souligné qu’aucun autre président américain depuis la Deuxième Guerre mondiale n’est entré en fonction « avec une liste aussi impressionnante de défis en matière de politiques nationale et étrangère ». 

En outre,  M. Obama dispose, en raison de la crise financière, « de ressources et d’une marge de manœuvre limitées » sur les questions internationales, ce qui signifie qu’il pourrait, au cours des premiers mois de son mandat, se concentrer tout d’abord sur des questions nationales. « Adopter un plan de relance pour lutter contre les dangers du chômage, l’inflation et une récession à long terme seront ses premiers défis », a insisté M. Kempe. 

Le président du Conseil atlantique a toutefois confiance en l’engagement positif d’Obama envers l’Europe, notant que « la constellation des dirigeants est bonne » en Europe pour que M.Obama « améliore des relations qui stagnent avec l’Allemagne », et développe une « relation étroite avec la France ». 

Selon M. Kempe, le cabinet de M. Obama sera subtil dans ses relations avec l’Europe, soulignant que le nouveau conseiller en matière de sécurité nationale, Jim Jones, « connaît l’Europe, parle couramment le français et a travaillé étroitement avec tous les principaux pays lorsqu’il assumait la fonction de commandant suprême des forces alliées en Europe ». En outre, la prochaine secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, « amènera avec elle quelque-uns des meilleurs penseurs de Washington sur les questions européennes ». « Ainsi, le gouvernement sera suffisamment familier avec l’Europe ». 

Il a mis en garde toutefois que la familiarité n’engendre pas toujours la satisfaction. 
En outre, M. Kempe a déclaré que le président Obama pourrait effectuer « un grand nombre de demandes similaires à celles de son prédécesseur par rapport à l’Europe».

« La question est de savoir si l’Europe prendra part en tant que partenaire et mobilisera ses ressources face aux problèmes les plus importants ». 
Par conséquent, il incombe plus à l’Europe de montrer à M. Obama au cours de ses 12 premiers mois qu’il peut être un partenaire efficace, a déclaré le président du Conseil Atlantique. 

M. Obama, selon M. Kempe, « sait que toute les questions internationales peuvent être réglées plus facilement si l’on dispose au préalable d’une coopération entre les Etats-Unis et l’Europe, sur des questions allant du changement climatique aux ambitions iraniennes en matière d’armement ». 

En outre, « les Etats-Unis peuvent apprendre de l’Europe comment utiliser leur pouvoir de persuasion de manière préventive pour repérer et éviter les crises naissantes ». « L’Europe peut apprendre des Etats-Unis à considérer ses responsabilités de manière globale et à être moins centrée sur ses affaires internes ».

Selon M. Kempe, les trois priorités politiques des relations transatlantiques sont « l’Afghanistan, parce que c’est urgent et qu’il s’agit déjà d’une mission transatlantique ; les questions relatives au climat et à l’énergie, parce que cela montrerait que les Etats-Unis et l’Europe sont sur la même longueur d’ondes et peuvent diriger ensemble avec la Chine et l’Inde et, la crise financière mondiale, pour laquelle une approche commune pourrait une éviter récession plus longue et plus douloureuse ». Mais il avertit que ces priorités « ne deviendront possibles » qu’après un travail de M. Obama pour améliorer l’image des Etats-Unis en Europe. 

M. Kempe a de grands espoirs en les qualifications écologiques de M.Obama. « Je suis sûr que les Etats-Unis deviendront plus écologiques que l’Europe en créant non seulement des technologies, mais aussi des incitations et des marchés de capitaux qui mettront en avant plus rapidement qu’en Europe une économie considérablement plus verte », déclare-t-il. 

Il émet cependant un avertissement à propos de l’émergence d’une Amérique plus protectionniste. « Les signes ne sont pas bons. Il s’agit du plus grand danger sous un Congrès démocratique et la présidence de M.Obama ». « Ce serait la direction la plus contre-productive que les Etats-Unis puissent prendre », a-t-il ajouté, avant d’avertir qu’une telle situation ne peut être évitée que par « un leadership présidentiel comme celui que Bill Clinton avait montré sur la question ». 

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