Entretien : les lois européennes sur le climat et l’énergie sont « sur la bonne voie » [FR]

L’UE est « sur la bonne voie » pour trouver un accord sur le climat et l’énergie d’ici décembre, déclare Jos Delbeke, un haut fonctionnaire de la Commission. Dans un entretien à EURACTIV, il met néanmoins en garde contre les exigences des pays de l’Est concernant la répartition de la charge du CO2, estimant que leur proposition alternative n’est qu’une « parole en l’air ».

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L’UE est « sur la bonne voie » pour trouver un accord sur le climat et l’énergie d’ici décembre, déclare Jos Delbeke, un haut fonctionnaire de la Commission. Dans un entretien à EURACTIV, il met néanmoins en garde contre les exigences des pays de l’Est concernant la répartition de la charge du CO2, estimant que leur proposition alternative n’est qu’une « parole en l’air ».

Alors que la France se prépare à reprendre les rênes de l’UE le 1er juillet, Jos Delbeke, le directeur général adjoint en charge de la politique relative au changement climatique à la Commission européenne, fait preuve d’un optimisme prudent concernant les chances de parvenir à un accord avant la fin de l’année.

« Je vois deux bons éléments. Le premier est qu’il y a un fort engagement politique des Français, affirme M. Delbeke. Le second, ajoute-t-il, est qu’un travail considérable a déjà été réalisé depuis que la Commission a présenté ses propositions sur l’énergie et le climat le 23 janvier. « La structure de base de la proposition a été approuvée, pas par tout le monde mais par une majorité écrasante », a-t-il déclaré.

« Nous savions que nous n’aurions pas beaucoup de temps mais je suis impressionné par tout ce qui a déjà été accompli et également par la façon dont de nombreux points ont déjà été éclaircis ».

En mars 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 membres de l’Union se sont engagés à réduire leurs émissions de CO2 de 20% au total d’ici 2020 pour tenter de freiner le réchauffement de la planète. Cette année en janvier, la Commission a poursuivi ses efforts en présentant un paquet de mesures qui expose la façon de répartir ces 20% entre les Etats membres.

Mais au moment de s’atteler aux détails des propositions, les problèmes ont rapidement émergé. Au début du mois, sept pays de l’Europe orientale, emmenés par la Hongrie, ont demandé une révision de leurs objectifs nationaux de réduction des émissions de CO2 (EURACTIV 02/06/08). Ils ont affirmé qu’en choisissant l’année 2005 comme année de référence pour ses calculs, la Commission privilégiait les Etats membres plus riches et plus anciens de l’UE. Ils ont plutôt suggéré d’opter pour l’année 1990 parce qu’elle reflète mieux les réductions d’émissions qui ont suivi la désindustrialisation postcommuniste.  

La proposition hongroise comporte des « inconvénients majeurs »

M. Delbeke rejette néanmoins l’idée, affirmant qu’elle pourrait sembler alléchante mais qu’elle comporte en fait des « inconvénients majeurs ».

« Si vous optez pour 1990 (…), alors vous amènerez tout un lot de « paroles en l’air ». De fait, cela signifie que les nouveaux Etats membres n’auront rien à faire en termes de politiques sur l’efficacité énergétique, les renouvelables, la réduction du dioxyde de carbone, etc. Et c’est difficile à accepter, parce qu’il y a de nombreux domaines à améliorer dans ces mêmes Etats membres en ce qui concerne l’isolation des logements, le transport, les anciennes technologies dans les installations industrielles, etc. ».

Concernant les revendications de la Pologne selon lesquelles une révision du système européen d’échange de quotas d’émissions ferait augmenter les prix de l’énergie de plus de 100%, M. Delbeke reste tout aussi intransigeant. « Les chiffres sont exagérés. Il y a un impact sur le prix de l’électricité mais nous ne constatons pas un impact si important ».

M. Delbeke estime plutôt que la Pologne paye aujourd’hui le prix pour ne pas avoir modernisé son secteur de production d’électricité au cours des dix dernières années. Il accuse également les tarifs régulés de l’électricité de retarder les investissements plus que nécessaires dans le secteur.

« Les tarifs de l’électricité de la Pologne sont désormais régulés, plus bas qu’en Allemagne par exemple. Et la Pologne en paye aujourd’hui le prix. Si vous souhaitez que des investisseurs s’intéressent au secteur, il faut prendre des mesure maintenant parce que la demande augmente [et] que les vieilles installations sont toujours en place », affirme-t-il.

Cliquez ici  pour lire l’entretien dans son intégralité (qui couvre les domaines suivants : la révision du système ETS ; les MDP dans le cadre du régime post-Kyoto, les émissions de CO2 des voitures et la perspective d’un accord sur le climat après les élections américaines).