Espagne : l'ancienne ministre Irene Montero prendra la tête de liste du parti Podemos pour les élections européennes

L’ancienne ministre de l’Égalité, Irene Montero, qui a récemment fait polémique pour sa promotion d’une loi portant sur le consentement, mènera la liste du parti Podemos pour les élections européennes afin d’avoir une « voix indépendante » séparée du groupe S&D et des Verts/ALE, selon des sources au sein du parti anti-système.

EFE avec EURACTIV.com
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Dans une démarche politique que certains médias espagnols qualifient de « vendetta » pour l’« apartheid » auquel Podemos a été soumis, comme l’a récemment souligné le fondateur du parti et ancien ministre Pablo Iglesias, Mme Belarra a décidé de placer Mme Montero, une militante féministe radicale, en tête de liste pour les élections du Parlement européen en juin. [EPA-EFE/Juan Ignacio Roncoroni]

L’ancienne ministre de l’Égalité, Irene Montero, qui a récemment fait polémique pour sa promotion d’une loi portant sur le consentement, mènera la liste du parti Podemos pour les élections européennes afin d’avoir une « voix indépendante » séparée du groupe S&D et des Verts/ALE, selon des sources au sein du parti anti-système.

L’annonce de la candidature a été faite par Podemos samedi (16 décembre) lors d’un événement à Madrid qui a rassemblé environ 600 partisans autour de ses cinq députés au parlement espagnol.

Les polémiques autour de Mme Montero remonte à la promotion d’une loi dite « Seul un oui est un oui », portée par sa co-partite Inoe Belarra, non inclus dans le gouvernement de coalition du socialiste (PSOE) et Premier ministre Pedro Sánchez, probablement pour cette raison, bien que le parti Podemos en fasse partie.

Cette loi controversée a dû être modifiée d’urgence par le PSOE, avec le soutien du Partido Popular (PP/PPE), principale force d’opposition dans l’hémicycle, car elle a eu l’effet inverse de celui escompté.

Depuis, de nouvelles élections législatives ont eu lieu. Sumar, la plateforme des partis de gauche qui réunis 31 députés au Parlement espagnol, quatrième force de la chambre après le parti d’extrême droite Vox, a décidé de ne pas inclure Mme Montero dans le nouveau gouvernement ni aucun ministre de Podemos afin d’éviter les frictions avec M. Sánchez, qui n’a pas caché ses mauvaises relations avec Mme Montero et Mme Belarra.

En raison de différends persistants, Podemos est actuellement intégré, avec d’autres formations hétérogènes, dans le groupe dit mixte (« Grupo Mixto ») du Parlement espagnol.

Une vendetta personnelle ?

Dans une démarche politique que certains médias espagnols qualifient de « vendetta », reprenant les mots du fondateur du parti Pablo Iglesias, Mme Montero a été investie en tant que tête de liste pour les élections européennes de juin prochain.

Mme Belarra a demandé samedi (16 décembre) à l’ancienne ministre de l’Égalité de mener la liste européenne de Podemos et d’aider le parti de gauche à « hisser la bannière de la justice sociale », de l’environnement et du féminisme en tête de liste.

« Il n’y a personne de mieux que toi pour faire avancer l’Espagne vers l’avenir », a déclaré Mme Belarra à sa camarade.

Podemos, avec sa « propre voix » à Bruxelles et à Strasbourg

La dirigeante de Podemos a averti que l’Europe se trouvait dans « une politique dangereuse » qui tendait vers la droite, subordonnée aux intérêts des États-Unis.

« Nous ne sommes pas du Parti socialiste (PSOE/S&D) ou des Verts (Verts/ALE) », a souligné Mme Belarra, tout en précisant que son parti aspire à avoir « sa propre voix » au Parlement européen.

«Les motivations et les espoirs qui nous ont mobilisés pour parcourir ce chemin sont toujours intacts », a-t-elle poursuivis, faisant référence aux origines de Podemos, un parti né officiellement en janvier 2014 suite au mécontentement d’une partie de la gauche la plus radicale, anticapitaliste et antisystème d’Espagne, se plaçant à la gauche du PSOE libéral et de centre gauche.