L'UE et les États-Unis soutiennent la Géorgie après une condamnation arbitraire dans la zone de conflit gelée

Bruxelles et Washington ont condamné la lourde peine de prison infligée à un citoyen géorgien par les autorités de la région géorgienne d’Ossétie du Sud, contrôlée par la Russie, vendredi 5 février.

EURACTIV.com
Bruxelles et Washington ont condamné la lourde peine de prison infligée à un citoyen géorgien par les autorités de la région géorgienne d’Ossétie du Sud, contrôlée par la Russie, vendredi 5 février. EPA/ZURAB KURTSIKIDZE [EPA/ZURAB KURTSIKIDZE]

Bruxelles et Washington ont condamné la lourde peine de prison infligée à un citoyen géorgien par les autorités de la région géorgienne d’Ossétie du Sud, contrôlée par la Russie, vendredi 5 février.

Zaza Gakhaladze a été condamné à 12 ans et demi de prison, après avoir été arrêté pour des accusations qu’il nie, à savoir tentative de meurtre d’un agent des forces de l’ordre et franchissement illégal de la « frontière » l’été dernier. Selon les autorités géorgiennes, il a été détenu par les troupes russes sur le territoire contrôlé par Tbilissi.

La Géorgie a été privée de 20 % de son territoire – l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud – à la suite d’une guerre de cinq jours avec la Russie en août 2008. Ces territoires, qualifiés par les experts de « conflit gelé », sont de facto contrôlés par la Russie, comme l’a jugé le mois dernier la Cour européenne des droits de l’homme, basée à Strasbourg.

L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ne sont reconnues comme des États indépendants que par la Russie, le Venezuela, le Nicaragua, Nauru et la Syrie.

Les troupes russes ont arrêté M. Gakhaladze, qui a été blessé par balle au cours de l’opération, près de la frontière administrative de l’Ossétie du Sud le 11 juillet de l’année dernière, l’accusant de leur avoir tiré dessus à plusieurs reprises lors d’une tentative de franchissement illégal de la frontière.

M. Gakhaladze « a été détenu illégalement par les forces d’occupation russes près de la ligne de démarcation avec Tskhinvali sur le territoire contrôlé par Tbilissi », déclarent les autorités géorgiennes dans un communiqué officiel.

La femme du prisonnier a indiqué que son mari était parti chercher des champignons avec d’autres habitants du village ce jour-là.

La zone est fortement militarisée. L’année dernière, la Russie aurait déployé entre 9 000 et 10 000 soldats sur les deux territoires séparatistes, ce qui représente en Ossétie du Sud un soldat pour huit habitants.

L’UE dispose d’une mission de surveillance civile non armée, appelée EUMM, déployée depuis septembre 2008, à la suite de l’accord en six points négocié par l’UE qui a mis fin à la guerre d’août. Toutefois, la portée de cette surveillance est très limitée.

L’UE a qualifié la détention de M. Gakhaladze de « détention illégale » et a réitéré ses appels à sa libération immédiate vendredi.

« Cela suscite beaucoup d’inquiétude », a déclaré le chef de la délégation de l’UE en Géorgie, Carl Hartzell, après sa rencontre avec le Premier ministre géorgien, Giorgi Gakharia, samedi 6 février.

Le diplomate a déclaré que « ce verdict, le suivi de la détention illégale, est clairement un mauvais signal, quelque chose que nous prenons très au sérieux. »

« Et nous assurerons un suivi continu de cette question », a-t-il ajouté.

Washington a également condamné les actions des autorités autoproclamées d’Ossétie du Sud.

L’ambassade des États-Unis a déclaré dans un communiqué vendredi que la condamnation est « un nouvel exemple des tentatives de la Russie de contrôler et d’exploiter illégalement les régions géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud ».

« Les actions russes menacent la vie, les droits de l’homme, la culture et les libertés individuelles des personnes vivant dans et près de ces territoires géorgiens, et les privent de la possibilité d’exercer des droits et d’accéder à des opportunités qui devraient être disponibles pour tous les citoyens géorgiens », peut-on lire dans le communiqué.

La Russie s’est attirée des critiques au printemps lorsque la « frontiérisation » s’est poursuivie le long de la ligne de démarcation, alors même que la première vague de la pandémie de Covid-19 frappait la région.