Européennes 2024 : les institutions de l’UE constituent le principal risque d’ingérence étrangère, selon les Slovaques

Selon un récent sondage, près de 40 % des Slovaques considèrent les institutions de l’Union européenne comme un risque d’ingérence dans les prochaines élections du Parlement européen en Slovaquie, plus que les États-Unis et la Russie.

/ Euractiv.com
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La Slovaquie n’est pas étrangère aux conspirations et à la désinformation, et celles-ci ont pénétré le courant politique dominant. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

Selon un récent sondage, près de 40 % des Slovaques considèrent les institutions de l’Union européenne comme un risque d’ingérence dans les prochaines élections du Parlement européen en Slovaquie, plus que les États-Unis et la Russie.

L’enquête, commandée par l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO) et également menée en République tchèque, en Hongrie et en Pologne, montre que 39 % des Slovaques estiment que les institutions européennes représentent la principale menace, devant les États-Unis (38 %) et la Russie (36 %).

À titre de comparaison, dans chacun des trois autres pays interrogés, la Russie est considérée comme le principal agent d’ingérence (Hongrie 54 %, République tchèque 44 %, Pologne 63 %).

L’ingérence étrangère dans le vote national pour les représentants du Parlement européen et d’autres élections est importante pour au moins un tiers des personnes interrogées en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie, et pour une majorité en Pologne.

À la question de savoir si elles voteraient lors des prochaines élections de juin, six personnes sur 10 en Slovaquie, en République tchèque et en Hongrie ont déclaré qu’elles voteraient « probablement » ou « certainement », contre près de huit personnes sur dix en Pologne.

Si les taux de participation de l’enquête reflètent la réalité en juin, les 39 % de Slovaques qui ont annoncé qu’ils se rendraient « certainement » aux urnes représenteraient tout de même une augmentation significative de la participation par rapport à 2019, où moins de 23 % des électeurs ont voté.

L’enquête fait partie de la publication de l’EDMO résumant les récits de désinformation sur les élections à venir qui ont fait apparition dans l’espace public au cours des quatre premiers mois de 2024.

Ces récits parlaient, par exemple, d’une soi-disant introduction forcée de nouveaux aliments, tels que les insectes, par l’UE. D’autres se sont concentrés sur la décision de Bruxelles de restreindre les moteurs à combustion après 2035, ce que certains politiciens ont interprété comme une interdiction totale.

La Slovaquie n’est pas étrangère aux conspirations et à la désinformation, et celles-ci ont pénétré le courant politique dominant.

La question de la désinformation a même été au cœur des récentes élections présidentielles du pays, lorsque le candidat de l’opposition pro-UE Ivan Korčok a été accusé d’être prêt à envoyer des soldats se battre en Ukraine s’il était élu.

Ces allégations se sont révélées fausses, car l’envoi de troupes à l’étranger n’est pas du ressort du président slovaque.

[Édité par Anna Martino]