Exclusif : VDL va proposer un nouveau Conseil de sécurité
Également dans l'édition de mercredi : Euractiv a mis la main sur une version préliminaire du discours sur l'état de l'Union
LE DISCOURS SUR L’ÉTAT DE L’UNION, EN DIRECT : Ursula von der Leyen prendra la parole à 9 h ; parmi les annonces attendues figurent la création d’un nouveau Conseil européen de sécurité, des mesures en matière de migration et l’action pour le climat. Suivez le blog en direct d’Euractiv pour les dernières actualités et analyses en provenance de Strasbourg.
Vous lisez Rapporteur ce mercredi 16 septembre. Ici Eddy Wax à Strasbourg, avec Nicoletta Ionta à Bruxelles.
À retenir :
🟢 Une fuite du projet de discours sur l’état de l’Union révèle une poussée sécuritaire
🟢 Le PPE se prépare à la bataille de 2029 contre l’extrême droite
🟢 L’UE se précipite pour dépenser les 133 milliards d’euros du plan de relance
Rond-point Schuman : la relique de guerre de Metsola pour Carney
L’édition d’aujourd’hui est sponsorisée par De Standaard.
Le quotidien flamand De Standaard, maintenant aussi en français
Du lundi au samedi, retrouvez une sélection de nos articles à ne pas manquer dans une édition numérique. Cette édition met l’accent sur la politique belge et internationale, l’économie, les opinions, le journalisme d’investigation et la culture. Abonnez-vous ici pour seulement 1 euro par semaine.
L’Europe, vue de Bruxelles
Notre collègue Anupriya Datta a pu mettre la main sur une ébauche du discours qu’Ursula von der Leyen prononcera ce matin devant le Parlement européen. Les responsables soulignent que le texte pourrait encore évoluer jusqu’au moment où la présidente de la Commission prendra la parole à Strasbourg, à 9 heures.
Mais voici – en exclusivité – ce qu’elle prévoit de dire :
SÉCURITÉ : Ursula von der Leyen proposera la création d’un « Conseil européen de sécurité » réunissant les dirigeants de l’UE, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Ukraine, de la Norvège et d’autres pays. Cette idée est défendue depuis longtemps par les décideurs politiques de Bruxelles – et risque de se heurter à l’opposition de ceux qui y voient un rival potentiel de l’OTAN. Elle présentera également un nouveau « protocole de sécurité » européen calqué sur l’article 4 de l’OTAN. Tout État membre de l’UE confronté à une menace grave pour sa sécurité pourrait déclencher ce mécanisme et convoquer une réunion d’urgence.
CANADA : En présence de Mark Carney, Ursula von der Leyen proposera de faire évoluer les relations vers une « Alliance pour l’avenir », s’appuyant sur l’accord commercial UE-Canada connu sous le nom d’AECG. (On omet de mentionner que 10 pays doivent encore le ratifier.) Les deux parties souhaitent approfondir leur coopération dans les domaines des matières premières critiques, de l’énergie, de la défense et des technologies. Les initiés de la Commission voient d’un mauvais œil le fait d’être placés sous l’égide des « puissances moyennes » de Carney, insistant sur le fait qu’un bloc de 450 millions de personnes appartient à une autre catégorie.
CLIMAT : Ce fut « l’été de la vérité », déclarera von der Leyen. Elle proposera un cadre visant à identifier les 100 territoires européens les plus vulnérables et à évaluer les risques auxquels ils sont confrontés à la suite d’un été marqué par des conditions météorologiques extrêmes. Elle annoncera également la création d’une alliance en matière d’assurance climatique afin de renforcer la protection financière, ainsi qu’une nouvelle « initiative sur l’eau », dont Florent Servia a été le premier à faire état.
IMMIGRATION : Dans le sillage de la crise de Ceuta, Ursula von der Leyen proposera un « cadre européen d’intervention d’urgence » pour faire face aux arrivées massives de migrants, comme nous l’avons rapporté la semaine dernière. Elle fera valoir que les outils de gestion des migrations de l’UE doivent évoluer, notamment pour faire face aux situations d’urgence. Ce cadre ne s’appliquerait que selon un ensemble de critères « strictement définis », laissant aux capitales une flexibilité limitée pour s’écarter des procédures standard. Von der Leyen appellera également à un renforcement de Frontex, notamment pour accélérer les retours et la coopération avec les pays tiers.
RÉSEAUX SOCIAUX : Ursula von der Leyen devrait proposer le très attendu Kids Act, qui limiterait l’accès aux plateformes de réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans, comme Anupriya l’avait précédemment signalé. À partir de 13 ans, les enfants pourraient créer des comptes aux fonctionnalités limitées s’ils obtiennent l’autorisation d’un parent ou d’un tuteur. « Les plateformes devront prouver qu’elles sont sûres », indique le projet de discours.
EXTRÊME DROITE : S’exprimant après la victoire écrasante de l’AfD en Saxe-Anhalt, en Allemagne, Ursula von der Leyen lancera un appel à la mobilisation pour défendre « notre idée de l’Europe » contre les ultranationalistes, l’ingérence russe et les anti-Européens, comme elle les qualifie. Elle célébrera également la défaite de Viktor Orbán en Hongrie en avril.
CONGRÈS DE L’EUROPE : À l’occasion du 70e anniversaire du Traité de Rome, qui aura lieu l’année prochaine, elle annoncera également la création d’un nouveau « Congrès » réunissant de grands penseurs afin de tracer la voie de l’avenir de l’Europe.
PAS MENTIONNÉ : Les États-Unis. Le spectre de Donald Trump planera néanmoins sur les événements.
Notre rédaction Euractiv est prête à vous guider tout au long du discours d’aujourd’hui. Suivez notre blog en direct pour un compte rendu minute par minute et des analyses expertes.
Le PPE se prépare à affronter l’extrême droite en 2029
Manfred Weber a déclaré hier soir, lors de la réunion du groupe du PPE à Strasbourg, qu’il compte se présenter à nouveau à la présidence de celui-ci, poste qu’il occupe depuis 2014. Il a également proposé de maintenir les dix vice-présidents du groupe en fonction pour un nouveau mandat de deux ans et demi. Plus ça change…
Le plus grand groupe du Parlement votera sur sa nouvelle-ancienne direction lors de la deuxième semaine de session plénière en octobre. Ce sera le coup d’envoi officiel de la mi-mandat du Parlement, au cours duquel le poste de Roberta Metsola sera également – techniquement – à prendre.
Metsola a déclaré aux journalistes qu’il est plus que jamais nécessaire de rester au centre, alors que des votes importants se profilent sur le budget de l’UE, le système d’échange de quotas d’émission et la migration.
Weber ne se présente pas tant à ce poste… qu’il s’y dirige sans peine. Selon certaines sources, il ne devrait rencontrer aucune opposition au sein du groupe.
Le puissant PPE n’a pas grand-chose à gagner d’un remaniement majeur de mi-mandat de janvier 2027. Des personnalités comme Weber reviennent progressivement vers le centre, tandis que Metsola semble assurée d’un troisième mandat sans précédent, aucun candidat du groupe S&D n’étant en vue.
Weber voit déjà au-delà du remaniement de mi-mandat, vers celles de 2029, où il s’attend à ce que la principale bataille de son groupe se joue face à l’extrême droite.
À cette fin, il emmène les membres de son groupe à Taormine, en Sicile, à la mi-octobre, afin d’élaborer une stratégie pour la vaincre.
Comment dépenser 133 milliards d’euros
Les institutions européennes s’apprêtent à débloquer une somme record au cours des prochains mois – et les députés européens ainsi que les auditeurs s’en inquiètent.
Au cours des trois mois et demi à venir, la Commission devrait verser jusqu’à 133 milliards d’euros provenant du fonds de relance de l’UE lié à la pandémie.
La course au déblocage des fonds avant l’expiration du fonds, le 31 décembre, a renforcé les craintes d’une mauvaise utilisation de ces ressources. « La pression politique et administrative pour débloquer rapidement ces fonds est bien réelle, et dangereuse », a affirmé Daniel Freund, député européen allemand des Verts.
Lisez l’article complet de Thomas Moller-Nielsen et Victoria Becker.
Voici trois nouveaux articles d’Euractiv :
- Von der Leyen sous pression pour tenir ses engagements de défense
- Les élections pourraient faire évoluer la politique suédoise sur la nicotine
- Le Parlement examine un bouclier informatique contre les sanctions américaines
Rond-point Schuman
UN CASQUE POUR CARNEY : Roberta Metsola remettra à Mark Carney un casque de combat canadien en acier de type MK II datant de 1940. Il a été découvert l’année dernière près de Caen, en France, à proximité du lieu où les troupes canadiennes ont combattu lors de l’opération Totalize en 1944.
Ce cadeau rend hommage aux forces canadiennes qui se sont battues et sont tombées au combat pour libérer l’Europe. Après 80 ans passés en France, un morceau de l’histoire canadienne rentre au pays.
Les capitales
STOCKHOLM 🇸🇪
L’issue des élections suédoises dépend des bulletins de vote par correspondance et des votes des électeurs à l’étranger, qui seront dépouillés aujourd’hui, l’opposition de centre-gauche de Magdalena Andersson détenant une légère avance au Parlement. Les résultats préliminaires attribuent 176 sièges à son bloc contre 173 pour l’alliance du Premier ministre Ulf Kristersson. Andersson a appelé Kristersson à reconnaître sa défaite si cet écart se confirme, mais la balance pourrait encore basculer lors du dépouillement des derniers bulletins.
– Charles Szumski
ROME 🇮🇹 / MADRID 🇪🇸
L’Italie et l’Espagne ont prolongé les contrôles frontaliers réciproques imposés après la crise migratoire de Ceuta en juillet, lorsque près de 80 000 personnes ont traversé la frontière depuis le Maroc pour rejoindre l’enclave espagnole. Rome, invoquant des risques persistants pour la sécurité et une éventuelle infiltration terroriste, a prolongé ses contrôles de 15 jours supplémentaires. Madrid a indiqué à Bruxelles que les contrôles sur les passagers arrivant d’Italie par voie aérienne et maritime resteront en vigueur jusqu’au 8 octobre, affirmant que les circonstances ayant motivé leur mise en place persistent.
– Alessia Peretti and Inés Fernández-Pontes
PARIS 🇫🇷
Rachida Dati, poids lourd de la droite française et ancienne députée européenne, comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre de chefs d’accusation incluant la corruption et le trafic d’influence passifs. L’ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn, qui se trouve toujours au Liban, sera jugé par défaut. Le parquet reproche à Rachida Dati d’avoir perçu 900 000 euros entre 2010 et 2012 dans le cadre d’un contrat de conseil qui dissimulait des activités illégales de lobbying pour le compte de Renault au Parlement européen alors qu’elle exerçait ses fonctions de députée européenne. Elle nie toute malversation.
– Clara Vassent
BUDAPEST 🇭🇺
La nouvelle responsable de la lutte contre la corruption en Hongrie, Anna Unger, s’est engagée à recourir à des moyens légaux pour protéger le personnel de son agence après les menaces de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán, qui a évoqué de futures conséquences juridiques et financières à leur encontre. Orbán a comparé l’Office national de recouvrement et de protection des biens à la police secrète de l’ère communiste en Hongrie et a déclaré que son parti d’opposition, le Fidesz, publierait les noms des employés. Péter Magyar a estimé que ces propos pourraient constituer un acte de violence à l’encontre de fonctionnaires au regard de la loi hongroise. Lisez l’article complet.
– Mátyás Varga
MOSCOU 🇷🇺
Le Kremlin a accueilli avec une certaine prudence la proposition de Donald Trump visant à ce que la Russie et l’Ukraine cessent leurs attaques contre les infrastructures énergétiques, mais a précisé que tout accord nécessiterait des garanties supplémentaires. Moscou cherche à obtenir des assurances concernant le transport maritime commercial et l’allègement des sanctions dans le cadre d’un règlement plus large. Les frappes russes et ukrainiennes se sont poursuivies malgré cette proposition, soulignant la difficulté de transformer cette idée en un cessez-le-feu durable.
– Charles Szumski
PRISTINA 🇽🇰
Le Kosovo est confronté à des troubles politiques après le retrait du candidat à la présidence de compromis, Bekim Sejdiu, les divisions au sein du parti d’opposition LDK ayant fait échouer sa nomination. Le Parlement dispose de 60 jours pour élire un président, sous peine de devoir organiser une quatrième élection en 18 mois. Le PDK, parti d’opposition, demande à la Cour constitutionnelle d’annuler l’élection du Premier ministre Albin Kurti. Par ailleurs, les Chambres spécialisées rendront aujourd’hui leur verdict pour crimes de guerre à l’encontre de l’ancien président Hashim Thaçi et de trois autres anciens dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo.
– Bronwyn Jones
Editrices.teur : Eddy Wax, Nicoletta Ionta, Christina Zhao, Sofia Mandilara, Charles Szumski
Contributrices.teur : Anupriya Datta, Elisa Braun, Thomas Møller-Nielsen
Traductrice : Clara Vassent