Face à la menace russe en mer Noire, l’UE propose un « centre de sécurité maritime »

L’UE envisage de créer un « centre de sécurité maritime » en mer Noire afin de surveiller les activités de la flotte fantôme russe et de mieux protéger ses infrastructures stratégiques dans la région.

EURACTIV.com
Ukrainian Navy on patrol in Black Sea off Odesa coast
La Russie utilise une flotte de pétroliers fantômes pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole. Ces navires ont également été repérés à proximité d'infrastructures critiques. [Getty Images/Ukrinform_NurPhoto]

L’Union européenne envisage de créer un « centre de sécurité maritime » en mer Noire afin de surveiller les activités de la flotte fantôme russe et de mieux protéger ses infrastructures stratégiques dans la région, selon une proposition de la Commission européenne publiée mercredi 28 mai.

La Russie utilise une flotte de pétroliers fantômes pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole. Ces navires ont également été repérés à proximité d’infrastructures critiques.

Les pays bordant la mer Noire — la Roumanie, la Bulgarie, la Géorgie, la Moldavie, la Turquie et l’Ukraine — ont, ces dernières années, exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes face aux activités malveillantes de la Russie dans la région.

Aujourd’hui, Bruxelles souhaite contribuer au « renforcement des capacités maritimes » afin d’assurer une « surveillance en temps réel, de l’espace jusqu’aux fonds marins » et mettre en place un système d’alerte précoce pour les menaces telles que les dommages causés aux câbles sous-marins ou autres infrastructures critiques.

La Commission a proposé de mettre en place un « centre de sécurité maritime » dans la région, probablement en Bulgarie ou en Roumanie, pays membres de l’UE, selon des responsables européens.

Ce centre « soutiendrait également la négociation et le suivi des cessez-le-feu » en Ukraine et dans l’ensemble de la région de la mer Noire.

La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a déclaré que ce hub pourrait faciliter l’échange d’informations avec les États riverains ainsi qu’avec l’alliance militaire de l’OTAN.

« Mais avant tout, il faut un cessez-le-feu », a-t-elle ajouté. Une première tentative de cessez-le-feu dans la mer Noire, négociée par les États-Unis, avait échoué en raison du non-respect des engagements pris par la Russie.

Les responsables européens estiment que la Turquie, qui joue un rôle important dans la régulation du trafic maritime dans le Bosphore, serait essentielle pour garantir le succès de toute initiative en matière de sécurité maritime.

« La Turquie peut jouer un rôle constructif dans la lutte contre la flotte fantôme russe et contribuer aux efforts visant à renforcer la sécurité maritime, la sécurité énergétique et la connectivité, conformément au droit international et aux conventions pertinentes », peut-on lire dans la proposition.

Ces derniers mois, Ankara a fait savoir qu’elle serait disposée à contribuer à une future « force de réassurance » européenne destinée à surveiller le respect d’un cessez-le-feu en Ukraine, y compris avec des moyens maritimes.

Toutefois, les relations entre l’UE et la Turquie restent tendues. Les différends avec la Grèce et Chypre, deux États membres de l’UE, persistent, et le processus d’adhésion de la Turquie au bloc communautaire est gelé depuis plus de dix ans.

La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, a déclaré que la stratégie pour la mer Noire pourrait « contribuer à de bonnes relations de voisinage » avec la Turquie, mais a évité de commenter directement le processus d’élargissement.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]