Face à la multiplication des incidents, la Commission dévoile un plan pour protéger les câbles sous-marins

La Commission européenne a annoncé vendredi un nouveau plan d’action visant à protéger les câbles sous-marins, qui acheminent la quasi-totalité du trafic internet mondial, contre le sabotage et les dommages accidentels.

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EURACTIV.com
EU Foreign Ministers Council in Brussels
La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Technologie, Henna Virkkunen. [ EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

La Commission européenne a annoncé vendredi un nouveau plan d’action visant à protéger les câbles sous-marins, qui acheminent la quasi-totalité du trafic internet mondial, contre le sabotage et les dommages accidentels.

L’annonce de la Commission est intervenue quelques heures seulement avant que les autorités suédoises annoncent leur intention d’examiner la rupture d’un autre câble entre la Finlande et l’Allemagne, près de l’île suédoise de Gotland.

Les récents incidents survenus en mer Baltique préoccupent fortement l’Union européenne (UE), attisant les craintes que la Russie cible cette infrastructure vitale dans le cadre d’une stratégie visant à déstabiliser le continent.

Le plan d’action

La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Technologie, Henna Virkkunen, le commissaire européen chargé de l’Espace et de la Défense, Andrius Kubilius, et le commissaire européen chargé des Affaires intérieures, Magnus Brunner, ont présenté le nouveau plan de l’UE à Helsinki. La feuille de route s’articule autour de quatre axes clés pour renforcer la sécurité des câbles : la prévention, la détection, la réponse et le rétablissement, et la dissuasion.

Prévention

Pour réduire les ruptures, l’UE investira dans le renforcement de la résilience des réseaux de câbles sous-marins. En d’autres termes, s’assurer de l’existence de voies de secours afin qu’une seule rupture de câble ne puisse pas provoquer des pannes généralisées.

La Commission prévoit de déployer des « câbles intelligents », c’est-à-dire des câbles équipés de capteurs pour détecter les menaces potentielles, avec la capacité de localiser précisément l’endroit où la rupture s’est produite le long du câble.

Le plan vise également à mettre en place des stations d’accueil permettant à des robots sous-marins et à des véhicules télécommandés d’explorer les fonds marins et d’effectuer des missions de réparation et de surveillance.

Détection

L’UE prévoit d’améliorer sa capacité à détecter les menaces potentielles et à y répondre en intégrant les systèmes de surveillance existants. Les données de l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM), qui suit les mouvements des navires, seraient regroupées avec les constellations de satellites Galileo et Copernicus de l’UE, afin de créer un mécanisme de surveillance intégré des câbles sous-marins par bassin maritime.

Réponse et rétablissement

La Commission encourage vivement les États membres à achever la transposition en droit national de deux textes législatifs européens récents en matière de cybersécurité, la directive SRI 2 et la directive sur la résilience des entités critiques.

Ces textes visent à réduire les vulnérabilités et à renforcer la cyberrésilience des secteurs critiques, y compris l’infrastructure numérique de base. L’exécutif européen prévoit également d’investir jusqu’à 400 millions d’euros dans des navires spécialisés capables de réparer les câbles endommagés.

Ces navires, capables de réparer à la fois les câbles de télécommunications et les câbles d’énergie, sont considérés comme essentiels pour assurer une reprise rapide après une attaque ou un accident. L’UE en manque actuellement, ce qui entraîne des retards importants dans la réparation des ruptures.

Dissuasion

Enfin, la Commission souhaite sanctionner les auteurs de ruptures de câbles, qu’elles soient intentionnelles ou non, afin de dissuader le sabotage et le mauvais sens marin. Elle projette notamment de maintenir ses sanctions contre la « flotte fantôme » illégale de la Russie et de favoriser la « diplomatie des câbles » avec des « partenaires partageant les mêmes idées ».

Comment financer tout cela ?

Aucun nouveau financement n’a été alloué au plan d’action.

Au lieu de cela, la Commission prévoit de mobiliser des milliards d’euros provenant du budget de l’UE déjà approuvé, en réaffectant le budget consacré aux projets importants d’intérêt européen commun et plusieurs autres fonds de l’UE.

Il s’agit par exemple du fonds soutenant le déploiement des réseaux numériques, du mécanisme pour l’interconnexion en Europe, du fonds stimulant les investissements dans les infrastructures numériques (Europe numérique) et du Fonds de cohésion, qui sert à réduire les disparités économiques entre les régions de l’UE.

(sn)