Feu vert du Parlement à la proposition d’adhésion de l’Islande

Le Parlement européen a favorablement accueilli la candidature d’adhésion de l’Islande, mais a également appelé le pays à cesser complètement la pêche à la baleine.

EURACTIV.fr

Le Parlement européen a favorablement accueilli la candidature d’adhésion de l’Islande, mais a également appelé le pays à cesser complètement la pêche à la baleine.

Les eurodéputés ont soutenu la récente décision des dirigeants européens d’ouvrir le dialogue sur l’adhésion de l’Islande, dans une résolution adoptée le 7 juillet. Le pays espère rejoindre l’UE depuis la faillite de son système bancaire lors de la crise financière.

La résolution, ébauchée par l’eurodéputé roumain Cristian Dan Preda (PPE), prend note de la forte culture démocratique du pays et déclare que l’adhésion de l’Islande permettra à l’UE de jouer un rôle plus actif dans la région arctique.

L’adhésion islandaise à l’Espace Economique Européen (EEE) signifie qu’une grande partie de ses lois sont déjà en accord avec celles de l’UE. Cependant, des négociations seront de mise dans un certain nombre de domaines politiques : l’agriculture, l’industrie de la pêche, les impôts, les politiques économiques et financières et les relations extérieures.

L’organisation et le fonctionnement d’un système de supervision financière – la faiblesse institutionnelle principale de l’économie du pays – requerra des réformes particulièrement importantes, ont affirmé les eurodéputés.

Soutien public en chute libre

Reconnaissant un récent déclin du soutien public à l’adhésion européenne dans le pays, les eurodéputés ont également demandé aux autorités islandaises de lancer un débat sur les réticences du peuple.

S’adressant au Parlement européen, le commissaire à l’élargissement de l’UE Štefan Füle a admis que les discussions en vue de l’adhésion étaient confrontées à de potentiels obstacles. « Je partage votre inquiétude concernant les défis découlant de l’absence d’un consensus national et du niveau relativement bas de soutien public à l’adhésion », a-t-il dit. « Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que la route qui mène à l’adhésion comprendra un certain nombre de défis. Nous sommes bien conscients que les problèmes de la pêche à la baleine ou de l’industrie de la pêche sont sensibles pour l’Islande autant que pour les États membres de l’UE. »

Selon la résolution du Parlement, la question controversée du remboursement aux gouvernements britanniques et hollandais doit être réglée bilatéralement. Les deux pays ont dédommagé 400 000 citoyens islandais dont les dépôts ont été perdu lors de la faillite d’une banque islandaise au plus fort de la crise en 2008. 

Dans le même sens, le commissaire Füle avait déclaré en mars que le remboursement possible des 3,9 milliards d’euros à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas était un problème bilatéral et que cela ne devrait pas affecter les perspectives d’adhésion européenne du pays (EURACTIV 09/03/10).

La pêche à la baleine

S’ils approuvent la proposition d’adhésion, les eurodéputés ont appelé l’Islande à cesser la pêche à la baleine. Cette tradition de longue date est en contradiction avec la législation européenne et l’interdiction établie par la Commission baleinière internationale (CBI) en 1986.

Au sein de l’UE, tous les cétacés – incluant les baleines, les dauphins et les marsouins – sont protégés par la loi. En dépit des oppositions venant de plusieurs pays et d’activistes environnementaux, l’Islande autorise la pêche à la baleine à des fins commerciales dans ses eaux, avec un quota de 150 nageoires de baleine pour la période 2009-2013.

L’Islande souhaite que la CBI lève le moratoire sur la chasse à la baleine, mais l’appel a rencontré une opposition de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne entre autres. 

CALENDRIER

  • Fin 2010 : Les discussions formelles en vue de l’adhésion devraient être ouvertes durant la présidence belge de l’UE.
  • 2012 : L’Islande espère terminer ses discussions d’adhésion et rejoindre l’UE.