Fillon inquiet du “scepticisme qui entoure l’UE”

Lors de ses voeux à la presse, le premier ministre a indiqué que la France et l’Allemagne avaient un grand rôle à jouer pour sécuriser l’euro et l’Europe.

EURACTIV.fr

Lors de ses voeux à la presse, le premier ministre a indiqué que la France et l’Allemagne avaient un grand rôle à jouer pour sécuriser l’euro et l’Europe.

Pour l’Europe, l’année 2011 exige “une maîtrise” évidente, a expliqué le premier ministre François Fillon, lors de ses voeux à la presse lundi 10 janvier. Sous la houlette de l’Allemagne et de la France, qui ont un “rôle éminent” pour “sécuriser l’euro et l’Europe”, l’UE doit tout d’abord renforcer son union politique en “structurant la gouvernance”. 

Les Européens ont entamé une réflexion sur ce sujet. Elle devrait aboutir à la fin du premier semestre 2011, après examen des différents textes par le Parlement européen. 

La maîtrise des dépenses de l’UE passe également par une “réorientation” des programmes européens de recherche sur l’industrie. Sur le plan budgétaire, il s’agit enfin d’imposer “une trajectoire vertueuse à tous les États européens”, a ajouté le premier ministre. Concrètement, en France, il pourrait s’agir de graver l’équilibre des finances publiques dans la Constitution.  

« Ce n’est pas la crise de l’euro »

François Fillon a également évoqué les controverses sur l’euro. “Je veux répondre, parce que je suis inquiet du scepticisme qui entoure l’Union européenne”, a-t-il déclaré. Reprenant un leitmotiv de Nicolas Sarkozy, il a affirmé que “cette crise n’est pas la crise de l’euro mais avant tout de pays qui ont été affaiblis par la récession économique qui a révélé et qui a amplifié les lacunes de leurs modèles de croissance”. “Nous ne devons pas laisser croire qu’ils [les troubles] ne seraient pas intervenus si ces pays n’avaient pas appartenu à la zone euro”. 

Mais selon M. Fillon, cette crise “ne remet pas en cause ni la pertinence de l’euro, ni les bienfaits apportés par plus de dix années de stabilité des changes”. Une prise de position qui contraste avec le refus de François Fillon de voter pour le traité de Maastricht, en 1992. Ce texte a posé les bases de l’union économique et monétaire et de l’euro. 

Selon le premier ministre français, l’euro est un projet “irrévocable”. Et les difficultés que rencontre la monnaie unique ont le mérite de “relancer le principe d’une direction politique renforcée de l’Union européenne”. 

En 2010, la croissance française a été de 1,6%. François Fillon a indiqué que les prévisions de 2% pour 2011 étaient encore “à notre portée”, “en l’absence d’une aggravation de la crise des dettes souveraines”. 

Selon diverses sources européennes, la France et l’Allemagne insisteraient aujourd’hui auprès du Portugal pour que le pays demande l’aide de l’UE et du FMI. Après la Grèce et l’Irlande, cet État pourrait être le troisième à franchir le pas.