France Télécom dénonce un procès d’intention de Bruxelles

La Commission soupçonne France Télécom et quatre autres opérateurs européens d’entente illégale. La patron de l’entreprise française récuse les accusations et rappelle que tout s’est fait dans la plus grande transparence.

EURACTIV.fr
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La Commission soupçonne France Télécom et quatre autres opérateurs européens d’entente illégale. La patron de l’entreprise française récuse les accusations et rappelle que tout s’est fait dans la plus grande transparence.

Une nouvelle fois, les services de la Direction générale de la concurrence ont en ligne de mire les opérateurs historiques des pays de l’UE, à savoir France Télécom, Deutsche Telekom, Telecom Italia, Telefonica et Vodafone.

Services de paiments

Mercredi 14 mars, ces quatre entreprises ont reçu un questionnaire de plus de 200 pages sur les « conditions de standardisation des futurs services de communications mobiles ». Selon Les Echos, citant une source proche de l’enquête, les soupçons d’entente portent notamment sur les services de publicité conçus pour les smartphones, ou encore sur les services de paiement par smartphone.

Même si aucune enquête officielle n’est encore ouverte, cette étape marque le premier stade de la procédure. 

Comptes rendus

La Commission veut notamment élucider le contenu des réunions organisées depuis 2010 à l’initiative de Stéphane Richard, PDG de France Télécom/Orange à son arrivée à la tête du groupe. 

Interrogé à par EURACTIV.fr, le chef d’entreprise rappelle qu’un avocat était présent lors des discussions. « Nous nous sommes méfié de la Commission (…), c’est pourquoi nous avons envoyé des comptes rendus détaillés à Neelie Kroes », la commissaire en charge des télécoms. Une partie des échanges portaient effectivement sur les futurs standards téléphoniques, reconnaît-il, avec pour objectif de tenter de peser dans la concurrence internationale.

250 milliards

La Commission européenne a déjà condamné plusieurs fois les opérateurs historiques européens, notamment France Télécom. Selon le PDG de l’entreprise, cette nouvelle enquête est « l’expression supplémentaire de la méfiance qu’inspirent nos entreprises (…). Je trouve dommage que [la Commission] perde son temps à engager ce type d’enquête ». 

« L’Europe telle qu’elle est vécue au quotidien par la Commission n’est pas une aide, ajoute Stéphane Richard. Aujourd’hui il faut 250 milliards d’euros pour amener le très haut débit et faire de l’Europe un territoire compétitif sur le plan du numérique, je pense que la Commission devrait plutôt s’intéresser à la manière de favoriser l’investissement, y compris en provenance de nos entreprises ».