Frontière Gibraltar-Espagne : « le dernier mur d’Europe occidentale » disparaîtra en 2026
Les contrôles le long de la frontière de 1,2 km qui sépare l’Espagne et Gibraltar devraient cesser en janvier 2026 pour les 15 000 travailleurs frontaliers qui la traversent chaque jour depuis l’Espagne, rapporte le quotidien espagnol El País.
La suppression des contrôles à cette frontière, surnommée « le dernier mur d’Europe occidentale » par le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares, est la pièce maîtresse d’un accord post-Brexit plus large conclu en juin entre Londres, Bruxelles et Madrid.
Le démantèlement de la Verja (la barrière), qui sépare Gibraltar de la ville espagnole de La Línea de la Concepción, dans la province de Cadix, nécessite encore la finalisation d’un projet d’accord qui doit être approuvé par la Commission européenne. José Manuel Albares a annoncé que le texte serait « entièrement rédigé d’ici l’automne ».
L’accord supprimera les contrôles d’identité pour les 15 000 travailleurs frontaliers résidant en Espagne qui traversent quotidiennement le Rocher — un élément crucial pour l’économie de l’enclave.
Les doubles contrôles des passeports espagnols/Schengen et britanniques resteront en place dans le port et les aéroports de Gibraltar.
L’accord supprime également les contrôles sur les marchandises circulant entre les deux territoires et jette les bases d’une future coopération commerciale, sécuritaire et fiscale entre l’UE, l’Espagne et les autorités de Gibraltar.
À Madrid, le gouvernement a qualifié cet accord d’historique qui permettra de « garantir la prospérité future de toute la région ». L’opposition, elle, y voit une capitulation politique et un abandon des revendications territoriales de l’Espagne sur l’enclave.
Le Partido Popular (PP, centre-droit) « ne cessera de revendiquer la souveraineté sur Gibraltar », a déclaré son chef, Alberto Núñez Feijóo, avertissant que tout accord sur Gibraltar « doit être soutenu par le parlement ».
L’Espagne a cédé Gibraltar aux Britanniques en 1713 en vertu du traité d’Utrecht et a régulièrement tenté de reprendre le contrôle du territoire, d’abord par des moyens militaires, puis par la voie diplomatique.
Lors d’un référendum organisé en 2002, près de 99 % des habitants de Gibraltar ont voté contre tout accord prévoyant une souveraineté partagée avec l’Espagne.
Après la pause estivale, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez effectuera une visite à Londres pour rencontrer son homologue britannique Keir Starmer. La question de Gibraltar devrait être au cœur des discussions.
Quelque 34 000 personnes vivent actuellement à Gibraltar, un territoire de 6,7 km carrés situé à la pointe sud de l’Espagne.
Le ministère des Affaires étrangères et le PP n’ont pas répondu à la demande de commentaires d’Euractiv au moment de la publication de cet article.
(asg)