Gaz : l’accord entre l’UE et l’Azerbaïdjan est une erreur, selon une eurodéputée tchèque

L’eurodéputée Markéta Gregorová est sceptique quant au protocole d’accord sur les importations de gaz signé entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan. Selon elle, l’UE devrait tirer les leçons de son expérience passée avec la Russie et ne pas accroître sa dépendance à l’égard de dictatures.

EURACTIV République tchèque
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L’accord UE-Azerbaïdjan est particulièrement inquiétant en cette période marquée par des affrontements meurtriers entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. [[artjazz/Shutterstock]]

L’eurodéputée du Parti pirate (pirátská strana) Markéta Gregorová est sceptique quant au protocole d’accord sur les importations de gaz signé entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan car, selon elle, l’UE devrait tirer les leçons de son expérience passée avec la Russie et ne pas accroître sa dépendance à l’égard de dictatures.

« Je ne pense pas qu’il soit sage à présent de progresser sur l’accord visant à doubler les importations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan, car sur le long terme, cela se retournera toujours contre nous », a déclaré Mme Gregorová lors d’un entretien avec EURACTIV République tchèque.

L’accord UE-Azerbaïdjan est particulièrement inquiétant en cette période marquée par des affrontements meurtriers entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Mme Gregorová a prévenu que si l’UE prend la défense de l’Arménie, les robinets de gaz pourraient être à nouveau fermés.

« On ne peut jamais être sûr quand on a affaire à un dictateur », a déclaré Mme Gregorová.

Depuis 2003, l’Azerbaïdjan est dirigé par le président Ilham Aliyev. Sous son règne, le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie dans le Haut-Karabakh a évolué vers une guerre. En septembre 2022, la situation s’est à nouveau aggravée après le retrait des troupes russes de maintien de la paix. Alors que l’Azerbaïdjan accuse l’Arménie de provocation et de rupture du cessez-le-feu, l’Arménie affirme que l’Azerbaïdjan a bombardé plusieurs villes arméniennes autour des frontières.

Indépendamment de l’escalade que l’on observe dans le conflit, Mme Gregorová se dit également sceptique quant au contenu de l’accord UE-Azerbaïdjan. Selon elle, celui-ci prévoit une coopération sur le long terme, mais aucun mécanisme de contrôle n’est prévu.

« C’est un dangereux précédent », a averti l’eurodéputée avant d’ajouter que l’UE devrait plutôt coopérer avec des États démocratiques comme la Norvège ou les États-Unis.

Les Verts/ALE ont souhaité que le Parlement européen discute de la situation en Azerbaïdjan et adopte une résolution critique envers Bakou mais aussi envers la Commission européenne, appelant l’exécutif à reconsidérer le mémorandum sur la coopération énergétique.

Par ailleurs, l’eurodéputée tchèque du Parti pirate — un parti tchèque qui contrôle actuellement le ministère des Affaires étrangères tchèque — appelle l’UE à agir dans son voisinage instable.

« L’UE devrait renforcer sa présence dans les régions où un conflit est imminent ou existe déjà et où une médiation est nécessaire », a ajouté Mme Gregorová.