Gaz : l’Espagne veut aider les États de l’UE qui dépendent d’autres États

L’Espagne veut aider les États de l’UE qui disposent de peu de capacités de production d’électricité à atténuer les conséquences de la crise énergétique, la ministre de la Transition écologique Teresa Ribera était certaine que d’autres États membres tireraient profit d’un mécanisme comme l’exception ibérique.

/ EFE avec EURACTIV.com
EU Transport, Telecommunications and Energy Council in Luxembourg
« Je suis persuadée qu’il y aura des États (de l’UE) qui demanderont une action rapide, (…) nous considérons qu’il est de notre devoir de soutenir les États qui ne sont actuellement pas protégés », a souligné Mme Ribera mardi (25 octobre). [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

L’Espagne veut aider les États de l’UE qui disposent de peu de capacités de production d’électricité à atténuer les conséquences de la crise énergétique.

La ministre de la Transition écologique Teresa Ribera est convaincue que d’autres États membres tireraient profit d’un mécanisme comme l’exception ibérique.

« Je suis persuadée qu’il y aura des États (de l’UE) qui demanderont une action rapide, (…) nous considérons qu’il est de notre devoir de soutenir les États qui ne sont actuellement pas protégés », a souligné Mme Ribera mardi (25 octobre).

L’extension au reste de l’UE de la dérogation ibérique que l’Espagne et le Portugal ont déjà adoptée aurait un « bénéfice net » de 13 milliards d’euros et pourrait atténuer l’inflation, selon les estimations de la Commission européenne.

Toutefois, l’exécutif européen a également prévenu qu’elle entraînerait une plus grande consommation de gaz, principalement en raison des exportations d’électricité bon marché vers le Royaume-Uni et la Suisse, et qu’elle profiterait à certains pays de l’UE plus qu’à d’autres, ont déclaré des sources européennes à EFE, partenaire d’EURACTIV.

« Nous comprenons parfaitement que d’autres États membres avec peu de charbon, ou peu de gaz, aimeraient bénéficier d’une mesure similaire (la dérogation ibérique) », a ajouté Mme Ribera.

Malgré la récente baisse des prix du gaz, les négociations au sein de l’UE sur le sujet restent intenses, car « l’hiver approche : de nombreux États membres s’inquiètent de la manière dont le prix du gaz affecte leur électricité et attendent des propositions concrètes de la Commission », a souligné Teresa Ribera.

La Commission européenne devrait bientôt publier un document de travail présentant les avantages et les inconvénients de la dérogation ibérique, qui comprendrait des ajustements afin de mieux l’adapter aux autres pays de l’UE.

Le document de travail, obtenu par EFE, détaille l’impact réel qu’aurait un mécanisme inspiré du modèle ibérique dans l’ensemble de l’UE. Il explique également comment il réduirait le prix auquel les usines de gaz font des offres pour les enchères d’électricité, et comment les pays de l’UE compenseraient la différence entre ce plafond et le prix observé dans l’indice TTF.

Mais contrairement au système mis en place en Espagne et au Portugal, le mécanisme européen ne subventionnerait en aucun cas les centrales au charbon, ajoute le document de travail.

Le document propose également un plafond sur le gaz pour la production d’électricité équivalent à une cotation TTF d’environ 100-120 € par mégawattheure (MWh) afin de trouver un « équilibre » entre le renforcement de l’efficacité de la mesure et le fait d’empêcher que les centrales à gaz deviennent « si attrayantes qu’elles augmentent leur utilisation et réduisent la production avec des technologies alternatives ».

« L’ajout de ce mécanisme au-dessus du plafond aux technologies inframarginales produirait donc un avantage net d’environ 13 milliards d’euros, en plus des 70 milliards d’euros du plafond inframarginal. Cet avantage net pourrait avoir un effet positif sur l’inflation globale », peut-on également lire dans le texte de la Commission.