Giorgia Meloni devrait bientôt trancher sur son soutien à la candidature d’Ursula von der Leyen
La Première ministre italienne devrait révéler sa position sur le soutien à Ursula von der Leyen pour un second mandat à la tête de la Commission quand cette dernière aura présenté son programme au groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) mardi (16 juillet).
La Première ministre italienne Giorgia Meloni devrait révéler sa position sur le soutien à Ursula von der Leyen pour un second mandat à la tête de la Commission européenne quand cette dernière aura présenté son programme au groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) mardi (16 juillet), quelques jours avant que les eurodéputés ne confirment sa candidature lors d’un vote à bulletin secret.
Alors que certains groupes se sont déjà prononcés quant à leur soutien à l’Allemande lors du vote qui aura lieu jeudi (18 juillet) au Parlement européen, le groupe CRE, dont le parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni est membre, reste indécis.
« [Ursula] von der Leyen rencontrera le groupe CRE. En fonction de ce qu’elle dira, nous discuterons avec les autres délégations, nous évaluerons et nous déciderons », a expliqué Giorgia Meloni, qui préside le Parti des Conservateurs et Réformistes européens, aux journalistes à Washington après le sommet de l’OTAN vendredi soir (12 juillet).
Vers la fin du mois dernier, la Première ministre italienne s’était abstenue lors du vote sur la reconduction d’Ursula von der Leyen au niveau des dirigeants de l’UE.
Jeudi, le groupe CRE pourra soit soutenir, soit s’abstenir, en fonction du programme que Ursula von der Leyen leur présentera mardi matin et dont elle exposera les grandes lignes au Parlement.
Priorité à l’Italie, pas aux CRE
S’adressant à la presse, Giorgia Meloni a souligné que sa principale responsabilité dans ces négociations était son rôle de Première ministre italienne, et pas celui de cheffe de file du Parti des Conservateurs et Réformistes européens.
« Je veux obtenir le meilleur résultat possible. Le rôle de l’Italie doit être reconnu », a-t-elle affirmé.
La nomination éventuelle d’un commissaire italien à un poste important, qui devrait vraisemblablement être le ministre des Affaires européennes Raffaele Fitto, et les portefeuilles spécifiques à attribuer à Rome constitueront un élément crucial des discussions.
Quel poids aura le choix de Giorgia Meloni ?
Pour être reconduite, la présidente sortante aura besoin d’une majorité simple au Parlement européen (361 voix sur 720). Le soutien de Giorgia Meloni et du groupe CRE à la réélection d’Ursula von der Leyen ne devrait pas avoir énormément de poids, puisqu’à priori, la coalition pro-UE composée du Parti populaire européen (PPE), des Socialistes et Démocrates européens (S&D) et des libéraux de Renew (400 eurodéputés au total), dispose d’une majorité.
Toutefois, le vote étant à bulletin secret, il y a toujours un risque de défection de certains membres de cette coalition.
La décision de la Première ministre italienne pourrait influencer les 24 eurodéputés de Fratelli d’Italia, l’une des plus grandes délégations du Parlement européen, mais pas nécessairement tous les membres du groupe CRE.
En effet, en ce qui concerne ce vote, le groupe CRE « donnera à ses délégations la liberté de voter comme elles le souhaitent », a déclaré Nicola Procaccini, co-président du groupe des Conservateurs et Réformistes et membre de Fratelli d’Italia, vendredi dernier (12 juillet).
« Il y a toujours eu une liberté de mouvement et de décision pour les délégations individuelles au sein de notre groupe. Il y a cinq ans, la délégation de Fratelli d’Italia n’a pas voté pour la présidente de la Commission, alors que la délégation polonaise du [parti Droit et Justice] PiS l’avait fait. »
Le porte-parole du groupe, Michael Strauss, a annoncé le même jour que les délégations de Pologne, de Roumanie et de France voteraient contre la reconduction d’Ursula von der Leyen pour la législature 2024-2029, a rapporté l’agence de presse italienne Ansa.
[Édité par Anna Martino]