Giorgia Meloni se rend en Libye pour renforcer la coopération en matière d’immigration

Lors de sa visite en Libye, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a insisté sur la lutte contre l’immigration en renforçant la coopération avec l’Afrique du Nord, une démarche critiquée par les défenseurs des droits humains qui demandent à l’Italie de cesser le financement des milices libyennes.

EURACIV Italie
Italian Prime Minister Meloni meets officials in Libya
Arrivée en Libye mardi, Mme Meloni a rencontré son homologue libyen, le Premier ministre Abdul Rahman al-Dbeibeh, ainsi que le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Yunus al-Menfi. [EPA-EFE/FILIPPO ATTILI]

Lors de sa rencontre avec les deux administrations rivales libyennes, mardi (7 mai), la Première ministre italienne Giorgia Meloni a insisté sur la lutte contre l’immigration en renforçant la coopération avec les pays d’Afrique du Nord, une démarche critiquée par les défenseurs des droits humains qui demandent à l’Italie de cesser le financement des milices libyennes.

Arrivée en Libye mardi, Mme Meloni a rencontré son homologue libyen, le Premier ministre Abdul Rahman al-Dbeibeh, et le président du Conseil présidentiel libyen Mohamed Yunus al-Menfi.

Selon des sources du cabinet de la Première ministre, elle a abordé l’immigration comme l’un des sujets principaux. Elle aurait souligné la nécessité pour les deux pays de poursuivre et d’élargir leur coopération sur cette question, mettant en avant les résultats remarquables déjà obtenus.

Mme Meloni aurait également appelé la Libye à participer aux groupes de travail du « processus de Rome », une initiative qu’elle a lancée l’été dernier pour coordonner les actions politiques en matière de migration, en s’attaquant aux causes profondes telles que les conflits, les difficultés économiques et le changement climatique, tout en luttant contre les trafiquants d’êtres humains. Les premiers projets concrets devraient être identifiés dans les semaines à venir.

Au cours de l’année dernière, M. Meloni a activement facilité le dialogue entre l’Union européenne et la Libye, conformément aux efforts plus larges du gouvernement italien visant à remodeler les relations entre l’UE et l’Afrique du Nord, notamment en matière de migration.

Selon le ministère de l’Intérieur, le nombre de migrants irréguliers arrivant en Italie depuis la Libye a considérablement diminué, passant de 18 022 durant les premiers mois de 2023 à 8 271 pour la même période en 2024. Toutefois, les experts suggèrent que les passeurs libyens pourraient avoir redirigé certains départs vers la Grèce, comme en témoigne la forte augmentation des arrivées sur les îles grecques.

En parallèle, l’ONG Mediterranea Saving Humans a appelé à « mettre fin au financement italien des milices libyennes » et a condamné ce qu’elle considère comme une complicité dans les violations des droits humains.

« Dans les prochaines heures, le Parlement italien va approuver une fois de plus le financement honteux du régime libyen en échange de la capture et de la détention de migrants dans ce pays, les empêchant ainsi de demander l’asile en Europe », a dénoncé l’ONG sur X.

L’organisation affirme que « depuis 2017, ce pacte entre l’Italie et la Libye a condamné des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants à la mort, à la torture et à diverses formes de souffrance ».

Pour s’engager avec toutes les parties prenantes libyennes, Mme Meloni s’est également rendue à Benghazi pour rencontrer le général Khalifa Belqasim Omar Haftar, chef de l’Armée nationale arabe libyenne.

Des sources du bureau de la ministre ont réitéré son engagement en faveur de la stabilité de la Libye, notamment en soutenant les efforts déployés sous la médiation de l’ONU en vue d’un consensus sur les prochaines élections présidentielles et législatives.

La Libye, déchirée par des conflits internes, reste divisée entre le Gouvernement d’unité nationale à Tripoli, soutenu par l’ONU et dirigé par M. al-Dbeibeh, et le Gouvernement de stabilité nationale à Benghazi, soutenu par le général Haftar et dirigé par M. Osama Saad Hammad Saleh.

[Édité par Anna Martino]