« Grazie Mario » : les adieux de l'UE à Mario Draghi
Les dirigeants de l'UE réunis en sommet à Bruxelles ont dit vendredi au revoir à l'Italien Mario Draghi, qui les a appelés à conserver l'Union comme un « cap » en « ces temps troublés ».
Les dirigeants de l’UE réunis en sommet à Bruxelles ont dit vendredi au revoir à l’Italien Mario Draghi, qui les a appelés à conserver l’Union comme un « cap » en « ces temps troublés ».
« Merci Mario. Nous te souhaitons le meilleur pour l’avenir, quoi qu’il en coûte », a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel dans une vidéo.
Grazie Mario.
We wish you the very best for the future.
Whatever it takes. pic.twitter.com/QGhmpOGrW6
— Charles Michel (@CharlesMichel) October 21, 2022
L’hommage est un clin d’œil à la formule devenue célèbre – « quoi qu’il en coûte » – prononcée par Mario Draghi lorsqu’il dirigeait la Banque centrale européenne (BCE) et s’était engagé à tout faire pour défendre l’euro en plein cœur de la crise financière.
Président du conseil italien depuis le 13 février 2021, « Super Mario » a été contraint à la démission cet été après le lâchage de plusieurs partis de sa majorité au Parlement.
Giorgia Meloni, qui a remporté une victoire historique aux législatives avec son parti post-fasciste Fratelli d’Italia, devrait officiellement lui succéder vendredi.
Dans un message de remerciement aux dirigeants européens, le dirigeant italien a souligné combien l’UE était devenue « une source de sécurité, de stabilité et de paix ».
« Nous devons garder cela à l’esprit comme une étoile pour garder le cap, surtout en ces temps troublés », a-t-il insisté.
Au moment où la troisième économie de la zone euro affronte, comme ses voisins, une situation économique difficile due à la crise énergétique et à l’inflation, la tâche de Giorgia Meloni s’annonce particulièrement ardue, d’autant qu’elle devra veiller à l’unité de sa coalition, qui montre déjà des signes de craquements.
L’arrivée au pouvoir de cette coalition à dominante eurosceptique est suivie de près par les chancelleries. Face aux inquiétudes, Mme Meloni a martelé cette semaine que l’Italie faisait « pleinement partie et la tête haute » de l’Europe et de l’Otan.
Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l’Ukraine face à la Russie, elle a en particulier dû affronter les propos polémiques de Silvio Berlusconi, chef de Forza Italia, qui a affirmé avoir « renoué » avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.
En guise de cadeau d’adieu, Mario Draghi a reçu une structure transparente évoquant l’imposant bâtiment du Conseil qui accueille les sommets.