« Grazie Mario » : les adieux de l'UE à Mario Draghi

Les dirigeants de l'UE réunis en sommet à Bruxelles ont dit vendredi au revoir à l'Italien Mario Draghi, qui les a appelés à conserver l'Union comme un « cap » en « ces temps troublés ».

EU Council meeting in Brussels
De gauche à droite : le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le Premier ministre italien sortant Mario Draghi, le président français Emmanuel Macron, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, lors du Conseil européen à Bruxelles le 21 octobre. [ EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Les dirigeants de l’UE réunis en sommet à Bruxelles ont dit vendredi au revoir à l’Italien Mario Draghi, qui les a appelés à conserver l’Union comme un « cap » en « ces temps troublés ».

« Merci Mario. Nous te souhaitons le meilleur pour l’avenir, quoi qu’il en coûte », a tweeté le président du Conseil européen Charles Michel dans une vidéo.

L’hommage est un clin d’œil à la formule devenue célèbre – « quoi qu’il en coûte » – prononcée par Mario Draghi lorsqu’il dirigeait la Banque centrale européenne (BCE) et s’était engagé à tout faire pour défendre l’euro en plein cœur de la crise financière.

Président du conseil italien depuis le 13 février 2021, « Super Mario » a été contraint à la démission cet été après le lâchage de plusieurs partis de sa majorité au Parlement.

Giorgia Meloni, qui a remporté une victoire historique aux législatives avec son parti post-fasciste Fratelli d’Italia, devrait officiellement lui succéder vendredi.

Dans un message de remerciement aux dirigeants européens, le dirigeant italien a souligné combien l’UE était devenue « une source de sécurité, de stabilité et de paix ».

« Nous devons garder cela à l’esprit comme une étoile pour garder le cap, surtout en ces temps troublés », a-t-il insisté.

Au moment où la troisième économie de la zone euro affronte, comme ses voisins, une situation économique difficile due à la crise énergétique et à l’inflation, la tâche de Giorgia Meloni s’annonce particulièrement ardue, d’autant qu’elle devra veiller à l’unité de sa coalition, qui montre déjà des signes de craquements.

L’arrivée au pouvoir de cette coalition à dominante eurosceptique est suivie de près par les chancelleries. Face aux inquiétudes, Mme Meloni a martelé cette semaine que l’Italie faisait « pleinement partie et la tête haute » de l’Europe et de l’Otan.

Elle-même atlantiste et favorable au soutien à l’Ukraine face à la Russie, elle a en particulier dû affronter les propos polémiques de Silvio Berlusconi, chef de Forza Italia, qui a affirmé avoir « renoué » avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de la guerre.

En guise de cadeau d’adieu, Mario Draghi a reçu une structure transparente évoquant l’imposant bâtiment du Conseil qui accueille les sommets.