Grèce : pas d’accord politique sur la sortie de crise

La classe politique grecque a rejeté le plan d’austérité du gouvernement socialiste. L’UE et le FMI pourraient refuser d’accorder au pays une nouvelle tranche d’aide.

EURACTIV.fr
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La classe politique grecque a rejeté le plan d’austérité du gouvernement socialiste. L’UE et le FMI pourraient refuser d’accorder au pays une nouvelle tranche d’aide.

Les responsables grecs de la majorité et de l’opposition, réunis vendredi 27 mai, sous la présidence du premier ministre Georges Papandréou, n’ont pu dégager un consensus sur les moyens de sortir de la crise de la dette, a-t-on appris auprès de partis politiques.

« Un consensus a été bloqué », a commenté sous le sceau de l’anonymat un responsable de parti ayant participé à la rencontre qui a duré cinq heures.

« Malheureusement, certains mettent leurs intérêts devant ceux de la Grèce », a dit à la presse le chef de file de la formation d’extrême droite Laos, Georges Karatzaféris.

Consensus indispensable

Le consensus recherché par le Premier ministre socialiste est jugé indispensable avant le déblocage d’une nouvelle tranche de l’aide allouée par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), soit 12 milliards d’euros.

Selon le quotidien Kathimerini, le Premier ministre envisage de remanier son équipe et pourrait inviter des personnalités de l’opposition à y siéger moyennant leur soutien au plan d’austérité.

En revanche, le gouvernement a démenti, mercredi 25 mai, avoir l’intention de procéder à un référendum sur les nouvelles mesures d’austérité ou sur l’euro.

Pas de restructuration

Par ailleurs, les syndicats du personnel des entreprises publiques menacées de privatisation ont annoncé une grève de 24 heures le 15 juin.

Le 23 mai, Athènes avait annoncé une série de nouvelles mesures budgétaires visant à économiser plus de cinq milliards d’euros et à ramener le déficit public à 7,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2011.

Toutefois, les marchés financiers continuent de douter de la crédibilité du plan d’assainissement d’Athènes. Et les rumeurs sur la possibilité d’un nouveau plan d’aide et d’une restructuration de la dette publique vont bon train.

Mais, le directeur général par intérim du FMI, John Lipsky, a rappelé vendredi que les programmes de soutien du FMI et de l’UE à la Grèce ne prévoyaient pas de restructuration.

« Nous avons un programme en cours avec les autorités grecques, soutenu par nous-mêmes et avec nos partenaires européens, et ce programme n’envisage pas de restructuration de dette, ni de reprofilage, ni quoi que ce soit », a-t-il dit.

Lors du sommet du G8 de Deauville, le président Nicolas Sarkozy a aussi écarté l’idée d’une restructuration mais estimé que le secteur privé pourrait prendre « une part du fardeau ».

« Si la restructuration, ça veut dire qu’un pays européen ne doit pas rembourser ses dettes, alors c’est un mot qui ne fera pas partie du vocabulaire de la France », a-t-il dit lors de la conférence de presse finale du sommet.