Human Rights Watch appelle l’UE et le Royaume-Uni à ne pas traiter les Balkans comme un « entrepôt à migrants »
L’UE et le Royaume-Uni devraient cesser de traiter les Balkans « comme un entrepôt à migrants » et s’interroger sur leurs projets d’en faire des pays où envoyer les demandeurs d’asile, avertit l’ONG Human Rights Watch.
L’Union européenne et le Royaume-Uni devraient cesser de traiter les Balkans « comme un entrepôt à migrants » et s’interroger sur leurs projets d’en faire des pays tiers où envoyer les demandeurs d’asile, met en garde lundi 26 mai l’ONG Human Rights Watch (HRW).
Mi-mars, Bruxelles a ouvert la voie à la création de centres pour migrants en dehors de ses frontières, via un dispositif qui permettrait aux États membres d’ouvrir ces centres dans des pays en dehors de l’UE, avec l’idée d’y envoyer des personnes dont la demande d’asile aurait été rejetée et faisant face à une obligation de quitter le territoire.
Deux mois plus tard, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé de son côté avoir entamé des discussions pour la mise en place hors du Royaume-Uni de ces « centres de retour ».
S’il n’a pas précisé avec quels pays il avait entamé ces discussions, les Balkans semblent particulièrement visés : Keir Starmer parlait depuis l’Albanie, qui héberge déjà des centres de retour pour les migrants arrivant d’Italie. Et le Royaume-Uni a annoncé la semaine dernière un paquet d’investissements de six milliards d’euros en Macédoine du Nord voisine.
« Au lieu de traiter les Balkans comme un entrepôt pour les migrants, l’UE et le Royaume-Uni pourraient jouer un rôle important en soutenant le développement de systèmes d’asile fonctionnels », a réagi lundi Human Rights Watch, se concentrant notamment sur la situation en Bosnie.
La communauté internationale devrait aider ce pays « à améliorer ce qui existe déjà pour protéger les demandeurs d’asile et les migrants, et non pas l’encourager à prendre des mesures qui ne feront qu’empirer les choses », poursuit HRW.
« Ajouter des demandeurs d’asile rejetés du Royaume-Uni, ou potentiellement de l’Union européenne, au système de détention déjà problématique de la Bosnie ne ferait qu’exacerber les problèmes existants et aggraver les risques d’abus », explique Hugh Williamson, directeur pour l’Europe et l’Asie centrale de l’ONG, qui évoque l’accès limité à des avocats et le manque d’exercice et de sortie à l’air libre.
L’ONG rappelle qu’en 2023 la Bosnie n’a accordé le statut de réfugié qu’à quatre personnes — sur 147 demandes.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés cité dans le rapport, « même si la loi sur l’asile du pays prévoit un traitement des demandes en six mois, il faut souvent six mois rien que pour un premier entretien et jusqu’à 344 jours pour une décision. En attendant cette décision, les demandeurs d’asile sont essentiellement sans droits ».