Immigration : Berlin commence des contrôles à sa frontière suisse
L’Allemagne va introduire des contrôles à sa frontière avec la Suisse dans un souci de réduire certains flux migratoires irréguliers, a affirmé La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, qui a également entamé des contrôles aux frontières avec la Pologne et la République tchèque lundi.
L’Allemagne va introduire des contrôles à sa frontière avec la Suisse dans un souci de réduire certains flux migratoires irréguliers, a affirmé La ministre de l’Intérieur Nancy Faeser, qui a également entamé des contrôles aux frontières avec la Pologne et la République tchèque lundi (16 octobre).
En septembre, Mme Faeser avait annoncé que la police aux frontières allemande commencerait des contrôles à la frontière avec la Pologne et la République tchèque, les passages irréguliers ayant augmenté d’environ un tiers par rapport à la même période de l’année dernière.
Le ministère de l’intérieur vient de notifier officiellement sa demande auprès de la Commission européenne, réintroduisant ainsi une nouvelle série de contrôles frontaliers dans l’espace Schengen. Les pays qui font partie de l’espace Schengen ont accepté d’abolir les contrôles stationnaires, mais ils peuvent demander une dérogation si nécessaire.
« La police fédérale peut désormais déployer l’ensemble des mesures [qui lui sont nécessaires] », a annoncé Mme Faeser, qui a justifié sa décision par la nécessité de freiner la migration irrégulière et d’intensifier la lutte contre le trafic d’êtres humains.
Les contrôles n’entreront donc pas en vigueur immédiatement, mais pourront être légalement mis en place en fonction des besoins.
En revanche, les projets visant à autoriser certains contrôles stationnaires en plus des contrôles ponctuels à la frontière avec la Suisse, membre de l’espace Schengen, n’ont pas fait l’objet de discussions approfondies.
Toutefois, les responsables politiques locaux de la région frontalière ont souligné à plusieurs reprises que le nombre de passages frontaliers en provenance de la Suisse a largement augmenté depuis 2022.
La décision s’accompagne d’une prolongation de six mois des contrôles stationnaires à la frontière autrichienne, en vigueur depuis 2015.
L’augmentation du nombre de migrants s’accompagne d’une pression accrue sur le gouvernement de coalition allemand pour qu’il mette un frein à l’immigration clandestine.
Lors des élections régionales en Bavière et en Hesse la semaine dernière, les électeurs ont sanctionné les trois partis de la coalition — le SPD social-démocrate du chancelier Olaf Scholz, le FDP libéral et les Verts — ainsi que Mme Faeser elle-même, qui était candidate au poste de ministre-présidente de Hesse.
L’immigration a été un facteur décisif, déterminant le choix d’environ un électeur sur cinq, selon les sondages de sortie des urnes d’Infratest Dimap.
En réponse, les Verts, favorables à l’immigration, ont également signalé lundi leur volonté de changer de cap et de faire preuve de pragmatisme en la matière.
« La plupart des gens s’inquiètent [de l’immigration] parce qu’elle pousse les municipalités au-delà de leurs capacités », a reconnu le codirigeant des Verts, Omid Nouripour, ajoutant que les Verts étaient « heureux de faire des compromis, mais seulement si cela aide les municipalités ».