Immigration : plus de 2 000 morts en Méditerranée en 2023, selon l’ONU

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2 013 personnes sont mortes en Méditerranée en 2023 lors de traversées pour tenter de rejoindre l'Europe.

Euractiv.com
Dozens found dead in southern Italy after migrant boat sinks in rough seas
Bien que Sfax et Lampedusa ne soient séparées que par 188 kilomètres, cette partie de la mer méditerranéenne est extrêmement dangereuse. En effet, nombreux sont les hauts-fonds, invisibles mais mortellement dangereux, notamment près des îles tunisiennes de Kerkennah, qui surplombent la ville de Sfax. [EPA-EFE/GIUSEPPE PIPITA]

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 2 013 personnes sont mortes en Méditerranée en 2023 lors de traversées pour tenter de rejoindre l’Europe.

Ce chiffre est probablement en deçà de la réalité, car de nombreuses embarcations de fortune pourraient avoir fait naufrage sans aucun signalement, a expliqué Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’OIM, sur X (anciennement Twitter).

De nombreux migrants originaires d’Afrique subsaharienne partent de la ville tunisienne de Sfax pour tenter de rejoindre l’île italienne de Lampedusa.

Bien que Sfax et Lampedusa ne soient séparées que par 188 kilomètres, cette partie de la mer méditerranéenne est extrêmement dangereuse. En effet, nombreux sont les hauts-fonds, invisibles mais mortellement dangereux, notamment près des îles tunisiennes de Kerkennah, qui surplombent la ville de Sfax.

Quant aux bateaux de fortune sur lesquels de nombreux immigrés tentent la traversée, ils sont trop souvent surchargés, augmentant considérablement les risques de naufrage.

Le nombre de départs a également augmenté depuis la Libye, à la fois depuis les côtes tripolitaines et cyrénaïques.

Selon les données du ministère de I’Intérieur italien, consultées par EURACTIV, au 22 août, 105 483 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes, en traversant la mer Méditerranée. Pour la même période, ils étaient 51 328 en 2022 et 35 480 en 2021.

Dans un rapport publié le 11 août, l’agence européenne des frontières Frontex a déclaré que « la Méditerranée reste la route la plus active vers l’UE cette année, avec plus de 89 000 détections signalées par les autorités nationales au cours des sept premiers mois de 2023 ».

Un nombre de passages inégalé depuis 2017, a précisé Frontex.

Les garde-côtes italiens sont même contraints de renforcer leur collaboration avec des ONG de sauvetages en mer, en particulier dans ce qu’on appelle le « corridor tunisien », en leur assignant de multiples sauvetages.

Comme l’a rapporté EURACTIV, cette procédure a été rendue interdite en janvier par le gouvernement italien, dont un décret stipule que les navires dont sont propriétaires des ONG doivent se limiter à un seul sauvetage à la fois, et de se revenir à terre entre chaque intervention.

Une obligation qui ne se traduit pas dans les faits : le 12 août, le bateau de l’ONG SOS Méditerranée Ocean Viking effectuait 15 sauvetages en l’espace de 48 heures, sauvant 623 personnes.

Il a ensuite débarqué 369 personnes en Sicile (Porto Empedocle) et le reste au port de Civitavecchia (Italie centrale), soit environ trois jours de navigation à partir des zones de sauvetage.

[Edité par Théo Bourgery-Gonse]