Le Canada se voit proposer le statut de premier membre associé de l'UE

« Il s'agit d'un partenariat qui n'est dirigé contre personne d'autre, mais qui sert notre force commune », affirme la présidente de la Commission européenne

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[Photo : Thierry Monasse/Getty Images]

Le Canada pourrait devenir le premier membre associé de l’UE, a déclaré mercredi Ursula von der Leyen, évoquant ainsi la possibilité d’une nouvelle relation sans précédent avec Ottawa.

« Je souhaiterais ouvrir la voie pour que le Canada devienne le premier membre associé de l’Union européenne », a-t-elle indiqué lors de son discours sur l’état de l’Union, en présence du Premier ministre canadien Mark Carney.

Elle n’a pas précisé ce qu’impliquerait ce statut de membre associé.

Le concept n’est pas tout à fait nouveau, puisque le chancelier allemand Friedrich Merz avait proposé en mai que l’UE crée un statut de « membre associé » pour l’Ukraine, comme étape intermédiaire vers une adhésion à part entière, permettant ainsi à Kiev de participer aux institutions de l’UE sans droit de vote tout en poursuivant son processus d’adhésion.

Jusqu’à présent, l’opinion dominante parmi les hauts responsables de l’UE était que le Canada ne pouvait se voir proposer l’adhésion car il se trouve en dehors du continent européen, une condition territoriale stipulée dans les traités européens.

Cette annonce fait suite à un article publié la semaine dernière dans le Wall Street Journal, selon lequel Carney avait examiné la possibilité que le Canada devienne un « membre associé », alors qu’Ottawa cherche à renforcer ses liens avec l’Europe dans un contexte de détérioration de ses relations commerciales avec les États-Unis.

Carney a toutefois déclaré dimanche que le Canada ne cherche pas à adhérer à l’UE, mais plutôt à établir une « alliance unique » avec le bloc.

« Nous partageons les mêmes valeurs, nous avons les mêmes priorités et nous avons des atouts très complémentaires », a déclaré Carney aux journalistes dimanche.

Un sondage réalisé en mars 2025 a montré que près de la moitié des Canadiens sont favorables à une éventuelle adhésion à l’UE.

À Bruxelles, les diplomates se sont penchés sur ce à quoi pourrait ressembler une solution.

« Le Canada est suffisamment grand et important, et partage suffisamment de valeurs communes, pour peut-être se voir proposer une approche un peu plus personnalisée et sur mesure », a indiqué un haut diplomate européen à Euractiv. 

Une autre alternative serait que le Canada adhère à l’EEE, l’accord qui étend le marché unique de l’UE à l’Islande, à la Norvège et au Liechtenstein. Cette solution semble toutefois peu probable.

« Je ne pense pas que ce soit probable, mais je ne dis pas que c’est impossible », a déclaré un responsable de l’EEE à Euractiv.

Carney s’exprimera devant le Parlement européen jeudi.

(bw)