Demande de dissolution du gouvernement : la Serbie se dirige vers des élections anticipées

Le président Vučić pourrait mener le SNS, le parti au pouvoir, aux élections anticipées en tant que candidat au poste de Premier ministre

EURACTIV.com
Des personnes rassemblées pour le cortège funèbre brandissent un drapeau à l'effigie de l'ancien commandant de l'armée serbe de Bosnie, Ratko Mladić, le 7 septembre 2026 à Belgrade, en Serbie. [Srdjan Stevanovic/Getty Images)(Photo by Srdjan Stevanovic/Getty Images]

BELGRADE – Le gouvernement serbe a proposé lundi la dissolution du Parlement, ouvrant ainsi la voie à des élections anticipées en octobre, après près de deux ans de troubles politiques et de manifestations de grande ampleur.

Cette séance extraordinaire du gouvernement a eu lieu peu après les funérailles de Ratko Mladić, l’ancien commandant militaire serbe de Bosnie condamné pour génocide par un tribunal de l’ONU à La Haye. Des milliers de personnes ont assisté à la cérémonie militaire qui s’est déroulée à Belgrade, dont plusieurs ministres serbes.

Le Premier ministre Đuro Macut a affirmé que les élections contribueraient à renforcer les institutions et à apaiser les tensions politiques.

« Les élections n’ont jamais été un signe de faiblesse de l’État. Elles sont la preuve de la force inébranlable d’une Serbie démocratique, qui a une confiance inconditionnelle en son peuple », a déclaré Macut.

En vertu de la loi serbe, le président Aleksandar Vučić dispose de 72 heures après réception de la proposition du gouvernement pour décider de dissoudre ou non le Parlement. Il avait précédemment indiqué que des élections seraient organisées dans les jours à venir.

Ce scrutin intervient près de deux ans après l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad, qui avait fait 16 morts et déclenché la crise politique la plus grave depuis l’arrivée au pouvoir du Parti progressiste serbe (SNS), un parti conservateur, en 2012. Personne n’a encore été tenu pénalement responsable de ces décès.

Les étudiants défient le SNS

La catastrophe a déclenché des manifestations dans tout le pays, menées par les étudiants, qui ont depuis annoncé leur intention de se présenter aux élections. Le nom de leur liste et leur candidat au poste de Premier ministre n’ont pas encore été confirmés.

Le SNS, au pouvoir, a décidé ce week-end de se présenter sous le nom de « Serbie unie », avec Vučić comme candidat au poste de Premier ministre. Ce dernier a déclaré à plusieurs reprises qu’il démissionnerait de ses fonctions de président s’il était nommé Premier ministre, auquel cas Ana Brnabić, présidente de l’Assemblée nationale et ancienne Première ministre, deviendrait présidente par intérim.

Les sondages laissent entrevoir que ce scrutin pourrait être le plus disputé depuis 2012, le SNS et le mouvement étudiant s’imposant comme les deux forces les plus puissantes, tandis que de nombreux petits partis risquent de ne pas franchir le seuil électoral.

Bruxelles suit la situation de près

Ces élections seront suivies de près à Bruxelles, où le processus d’adhésion de la Serbie à l’UE est au point mort en raison de préoccupations concernant l’État de droit, la liberté de la presse et les normes démocratiques.

Belgrade a également refusé de se rallier aux sanctions de l’UE contre la Russie à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou, malgré les pressions exercées pour qu’elle aligne sa politique étrangère sur celle de l’Union.

La campagne risque donc de devenir non seulement un référendum sur le régime de Vučić, mais aussi un test de l’orientation politique de la Serbie et de ses relations de plus en plus tendues avec l’UE.

(cs)