Israël et le Hamas conviennent de mettre fin à la guerre à Gaza et de libérer les otages
Mercredi 8 octobre, Israël et le Hamas ont annoncé avoir conclu un accord de cessez-le-feu et de libération des otages — la première phase du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Cette annonce intervient deux ans et un jour après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a causé 1 200 morts et déclenché une offensive israélienne sur Gaza entraînant la mort d’au moins 67 000 Palestiniens.
Le plan en 20 points de Donald Trump, négocié en Égypte avec l’aide du Qatar et de la Turquie, prévoit la libération de 1 950 prisonniers palestiniens et le retrait étape par étape des forces israéliennes de Gaza.
Le président américain a expliqué que l’accord inclut la libération de tous les otages et le retrait des troupes israéliennes vers une ligne convenue — première étape vers ce qu’il a appelé « une paix forte, durable et éternelle ». Selon Israël, environ 20 otages seraient encore en vie à Gaza, et les corps d’environ 25 autres s’y trouveraient également.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré que son gouvernement se réunirait ce jeudi 9 octobre pour approuver le plan, le qualifiant de « victoire nationale et morale ».
Le Hamas a de son côté précisé que l’accord visant à « mettre fin à la guerre contre Gaza » comprenait le « retrait complet des forces d’occupation », l’« entrée de l’aide humanitaire » et un échange de prisonniers. Le groupe militant a également promis de continuer à lutter pour « la liberté, l’indépendance et l’autodétermination ».
Majed Al-Ansari, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, a confirmé dans un message publié sur X que les médiateurs étaient parvenus à un accord « sur toutes les conditions et le mécanisme de mise en œuvre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, qui mènera à la fin de la guerre ». Il a ajouté que les détails seraient communiqués ultérieurement.
L’UE réagit…
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l’accord « basé sur la proposition présentée par le président Trump ». Elle a déclaré que « toutes les parties doivent respecter pleinement » ses termes, soulignant que « tous les otages doivent être libérés en toute sécurité » et qu’« un cessez-le-feu permanent doit être établi ».
Ursula von der Leyen a également souligné que « l’UE continuera à soutenir l’acheminement rapide et sûr de l’aide humanitaire à Gaza » et « sera prête à aider au relèvement et à la reconstruction ». Elle a exhorté à « saisir l’occasion qui se présente aujourd’hui » pour « tracer une voie politique crédible vers une paix et une sécurité durables », fondée sur « la solution à deux États ».
La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a salué la signature de la première phase de l’accord sur la libération des otages et le cessez-le-feu à Gaza, qu’elle a qualifiée de « formidable réussite diplomatique ». Elle a déclaré que ce plan constituait « une réelle chance de mettre fin à la guerre », ajoutant que « l’Union ferait tout ce qui était en son pouvoir pour soutenir la mise en œuvre de l’accord ».
Le succès du cessez-le-feu dépend toutefois de détails qui restent flous : qui gouverne Gaza, le sort du Hamas et la durabilité du cadre en 20 points de Trump, qui prévoit une supervision internationale, éventuellement dirigée par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.
Au moment de la publication de cet article, les informations divergeaient quant à la date de libération des otages. Deux sources proches des négociations ont déclaré au Times of Israel que le groupe militant libérerait tous les otages encore en vie samedi 11 octobre, tandis qu’un haut responsable de la Maison-Blanche a déclaré que le processus commencerait probablement lundi 13 octobre.
La Commission européenne a proposé des mesures punitives contre Israël afin de faire pression sur Benyamin Netanyahou pour qu’il change de cap dans la guerre à Gaza. Ce plan, qui prévoyait la suspension de certaines parties de l’accord d’association UE-Israël et des sanctions contre les ministres extrémistes et les colons violents, pourrait désormais être mis de côté à la lumière de l’accord de paix.
… les capitales européennes aussi
Le président français Emmanuel Macron a salué l’accord, déclarant que « la France se tient prête à contribuer à cet objectif » et en discutera « dès cet après-midi à Paris avec [ses] partenaires internationaux ».
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a évoqué un « moment de profond soulagement qui sera ressenti dans le monde entier, mais en particulier par les otages, leurs familles et la population civile de Gaza, qui ont tous enduré des souffrances inimaginables au cours des deux dernières années », et a exhorté « toutes les parties à respecter les engagements qu’elles ont pris ».
Sur X, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a indiqué que Rome était prête « à participer au renforcement du cessez-le-feu à Gaza, y compris en envoyant des troupes pour aider les forces de maintien de la paix si nécessaire ».
Eddy Wax a contribué à la rédaction de cet article.
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(asg)