Israël met en garde l'UE contre l'unité du Fatah et du Hamas

Lors d'une conversation téléphonique avec la responsable des affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton, le ministre des affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a mis en garde l'UE contre les possibles conséquences de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, alors que les deux groupes s'apprêtent à signer un accord d'unité au Caire aujourd'hui (2 mai). Il a demandé à Bruxelles d'adopter une approche prudente.

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Lors d'une conversation téléphonique avec la responsable des affaires étrangères de l'UE, Catherine Ashton, le ministre des affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a mis en garde l'UE contre les possibles conséquences de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, alors que les deux groupes s'apprêtent à signer un accord d'unité au Caire aujourd'hui (2 mai). Il a demandé à Bruxelles d'adopter une approche prudente.

M. Lieberman a demandé à Mme Ashton de s’assurer que l’Europe vérifie que le Hamas remplisse les conditions du Quartet du Moyen-Orient, qui comprend l’UE, les Nations unies, les Etats-Unis et la Russie, peut-on lire dans une déclaration du ministre des affaires étrangères israélien.

Le Quartet a ordonné au Hamas d’effacer de sa charte une clause qui appelle à la destruction d’Israël, ainsi que de reconnaître le droit d’Israël à exister, de cesser toutes les activités terroristes contre Israël et d’honorer tous les accord signés entre Israël et la Palestine.

La semaine dernière, le Fatah et le Hamas, les deux principales factions politiques palestiniennes, se sont entendus pour former un gouvernement intérimaire et fixer une date pour des élections nationales.

Cette évolution est arrivée suite à un conflit amer et parfois violent de quatre ans, qui a vu le Hamas administrer la bande de Gaza et la Cisjordanie contrôlée par l’Autorité palestinienne menée par le Fatah.

La semaine dernière, l’Envoyée palestinienne à Bruxelles, Leila Shahid, a demandé à l’UE de soutenir la nouvelle Autorité palestinienne « technocratique » (AP), affirmant que cela constituerait un pas vers l’unité et la réconciliation.

Lors d’un entretien exclusif accordé à EURACTIV, elle a déclaré que les dirigeants du Fatah et du Hamas signeraient un accord la semaine prochaine, créant une administration intérimaire qui respecterait tous les accords signés et continuerait sur la voie non-violente de la PA actuelle.

M. Lieberman a dit à Mme Ashton que si l’UE devait soutenir l’accord d’unité Hamas-Fatah avant que les conditions préalables du Quartet aient été respectées, cela enverrait à la population palestinienne un message favorisant le terrorisme comme moyen viable d’atteindre leurs objectifs, réduisant ainsi les chances d'aboutir à un accord négocié entre Israël et la Palestine.

Il a également prévenu Mme Ashton que la perspective de cet accord augmentait la probabilité que ce qui est arrivé dans la bande de Gaza en 2005, lorsque le Hamas avait pris le contrôle du territoire qu’Israël avait évacué, se répète « en Judée et en Samarie ».

Pendant ce temps, Israël a temporairement décidé de stopper le transfert de millions de dollars en recettes fiscales à l’Autorité palestinienne en réponse à la signature attendue de l’accord d’unité entre le Hamas et le Fatah. L'AP a déclaré que de ce fait, les salaires de 170 000 fonctionnaires ne seraient peut-être pas payés.

Vendredi (29 avril), le ministre des affaires étrangères israélien à appeler la communauté internationale à ne pas reconnaître le nouveau gouvernement de réconciliation palestinien.

« La communauté internationale ne doit pas légitimer le gouvernement dont le visage est celui du président palestinien Mahmoud Abbas et dont les bras sont ceux du Hamas, qui lance des missiles sur les citoyens et ensanglante les innocents », a-t-il dit au président chypriote Emetris Christofias lors d’une réunion à Nicosie, selon une déclaration publiée par son bureau à l’issue de la réunion.

Le 18 février, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont lancé une initiative pour déclencher des négociations en proposant une ébauche de résolution du conflit entre la Palestine et Israël, qui comprend des accords concernant les frontières et la sécurité, qui mènerait à l’établissement d’un Etat palestinien grâce au dialogue.

Cette décision aurait donné à l’UE et aux Nations unies la responsabilité effective de tenir une nouvelle série de négociations. Cependant, les Etats-Unis s’y sont opposés et une réunion du Quartet prévue en avril a été repoussée.