Israël-Palestine : les États arabes et l’UE s’accordent sur la nécessité d’une solution à deux États

Les États arabes et l’UE ont convenu qu’une solution à deux États était nécessaire pour résoudre le conflit israélo-palestinien, tandis que le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a soutenu que l’Autorité palestinienne devait gouverner la bande de Gaza après la guerre.

Euractiv.com
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Alors que la réunion de lundi devait revêtir un caractère festif, Gaza a finalement été le seul point à l’ordre du jour, et les représentants des différents pays ont discuté de la guerre entre Israël et Gaza et des efforts de paix. [UpM]

Les États arabes et l’Union européenne ont convenu lors d’une réunion des pays Méditerranéens lundi (27 novembre) qu’une solution à deux États était nécessaire pour résoudre le conflit israélo-palestinien, tandis que le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a soutenu que l’Autorité palestinienne devait gouverner la bande de Gaza après la guerre.

La réunion de l’Union pour la Méditerranée (UpM) qui s’est tenue lundi à Barcelone regroupait des représentants de plus de 40 pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Ces dernières années, l’Union pour la Méditerranée, une organisation intergouvernementale fondée il y a 15 ans dans le sillage des accords d’Oslo, est largement devenue un forum de coopération entre l’UE et le monde arabe.

Alors que la réunion de lundi devait revêtir un caractère festif, Gaza a finalement été le seul point à l’ordre du jour, et les représentants des différents pays ont discuté de la guerre entre Israël et Gaza et des efforts de paix.

Une solution à deux États

Après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union la semaine dernière (20 novembre), le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, avait déclaré que la création d’un État palestinien serait le meilleur moyen d’assurer la sécurité d’Israël.

Il avait également insisté sur la nécessité pour Israël de ne pas occuper Gaza après la fin de la guerre et de transférer le contrôle du territoire à « une » Autorité palestinienne.

À l’issue de la réunion de l’Union pour la Méditerranée, M. Borrell a déclaré que tous les États membres de l’UE ainsi que la quasi-totalité des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord représentés à la réunion de lundi se sont accordés sur la nécessité de trouver une solution fondée sur la coexistence de deux États.

Cette solution prévoit un État pour les Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, aux côtés d’Israël.

L’Autorité palestinienne devra organiser des élections et améliorer son fonctionnement, mais c’est la seule « solution viable » pour la future gouvernance de Gaza, actuellement dirigée par les islamistes du Hamas, afin d’éviter un « vide du pouvoir », a soutenu M. Borrell.

« La paix entre Israël et la Palestine est devenue un impératif stratégique pour l’ensemble de la communauté euro-méditerranéenne et au-delà », a-t-il ajouté.

Ces déclarations sont intervenues alors que la trêve des hostilités de quatre jours — négociée par le Qatar, l’Égypte et les États-Unis pour permettre l’échange d’otages israéliens contre des prisonniers palestiniens et l’entrée de l’aide dans la bande de Gaza — arrivait à son terme dans la soirée.

Prolongation de la trêve

Le chef de la diplomatie européenne a déclaré qu’il espérait que la trêve de quatre jours, qui a débuté vendredi matin (24 novembre), durerait « quelques jours de plus ».

S’exprimant à Barcelone lors de la réunion de l’UpM, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, a plaidé en faveur d’une prolongation du cessez-le-feu à Gaza, qui était alors à quelques heures d’expirer.

« Je compte sur le soutien de mes collègues […] pour que nous partions tous d’ici avec une voix forte et puissante qui puisse être entendue dans le monde entier : non à la guerre, oui au cessez-le-feu », a-t-il déclaré.

Le Qatar, l’Égypte, les États-Unis et l’Union européenne s’efforcent de prolonger le cessez-le-feu, a souligné Riyad al-Maliki, avertissant que si une prolongation n’était pas décidée, le nombre de morts doublerait, car la population gazaouie est désormais concentrée dans le sud de la bande de Gaza.

« Nous devons trouver un moyen pour faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il ne continue pas à tuer des innocents et que nous puissions continuer à compter les cadavres », a-t-il déclaré lors de la réunion.

Le ministre des Affaires étrangères a également déclaré que l’Autorité palestinienne, qui a perdu le contrôle de la bande de Gaza lors d’une lutte de pouvoir avec le Hamas en 2007, n’avait pas besoin de retourner à Gaza car elle y a « toujours été [présente] », forte de ses « 60 000 fonctionnaires » présents sur place.

Lors de la réunion, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a ajouté : « Certains d’entre nous refusent toujours d’appeler à un cessez-le-feu […] Nous exigeons qu’il soit mis en œuvre immédiatement ».

M. Safadi a déclaré que le peuple palestinien devait décider de ses dirigeants et que toute discussion sur l’administration de Gaza après le conflit devait porter sur la Cisjordanie et la bande de Gaza en tant qu’entité unique.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan Al-Saud, a déclaré, au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et de la Ligue arabe : « Nous devons nous efforcer de surmonter la crise actuelle et d’avancer vers un processus de paix crédible et sérieux. Il n’y a pas d’alternative durable à la revitalisation de la solution à deux États ».

Bien qu’il ait fait état d’un consensus sur les pourparlers, M. Borrell a toutefois mentionné certains partenaires arabes qui « ne veulent pas parler du lendemain à Gaza sans avoir une perspective politique claire et crédible. C’est pourquoi nous devrions convenir aujourd’hui de travailler ensemble à la construction d’un tel horizon politique ».

« Le Hamas est plus qu’une organisation […] c’est une idée, une idéologie. Et vous ne pouvez pas tuer une idée si vous ne pouvez pas prouver que vous en avez une meilleure. Pour vaincre l’idéologie du Hamas, les Palestiniens ont besoin d’une perspective politique crédible pour la création d’un État », a expliqué M. Borrell.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré qu’il espérait que des pourparlers de paix définitifs pourraient avoir lieu « dès que possible afin que la communauté internationale puisse apporter son soutien à ces négociations ».

Israël absent

Israël, l’un des membres fondateurs de l’Union pour la Méditerranée, n’a pas participé aux discussions de Barcelone, co-présidées par le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell et le ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi.

Ce refus fait suite à un différend diplomatique avec l’Espagne et la Belgique, après que Tel-Aviv a accusé ces deux pays de soutenir le terrorisme, en réponse aux critiques formulées par leurs Premiers ministres à l’encontre des bombardements de l’armée israélienne sur la bande de Gaza.

M. Borrell a déclaré qu’il « regrettait » l’absence d’Israël et qu’il espérait que le pays serait présent lors des prochaines réunions de l’organisation.

Plusieurs diplomates ayant assisté aux discussions ont souligné qu’en décidant de ne pas participer, Tel-Aviv se serait assuré de pouvoir rejeter les résultats de la réunion.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]