Israël-Palestine : une nouvelle coalition internationale appelle à une solution à deux États
Une nouvelle coalition internationale visant à trouver une solution à deux États au conflit israélo-palestinien a gagné du terrain ce jeudi 26 septembre, malgré l’absence d’Israël lors des discussions.
Une nouvelle coalition internationale visant à trouver une solution à deux États au conflit israélo-palestinien a gagné du terrain ce jeudi 26 septembre, malgré l’absence d’Israël lors des discussions.
La réunion de jeudi, organisée conjointement par l’Arabie saoudite, l’Union européenne (UE), la Norvège et une série d’autres pays en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, s’est penchée sur les efforts de paix renouvelés et sur une solution à deux États pour Israël et la Palestine.
« Nous voulions faire le point sur le nombre de personnes souhaitant s’engager dans l’Alliance mondiale pour la mise en œuvre de la solution à deux États — et de ce point de vue, ce fut un grand succès », a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, à Euractiv à New York ce jeudi.
Selon les organisateurs, plus de 90 pays et près de 60 ministres des Affaires étrangères issus de l’ensemble du spectre des Nations Unies ont participé aux discussions.
Les premières réunions de suivi au niveau des hauts fonctionnaires devraient se tenir à Riyad et à Bruxelles, et d’autres devraient suivre au Caire, à Oslo, à Amman et à Ankara.
« Nous avons maintenant lancé un processus […], c’est à nous de mettre des propositions concrètes sur la table », a poursuivi Josep Borrell.
Le chef de la diplomatie de l’UE a indiqué à Euractiv qu’une proposition consisterait à tester la volonté de reconnaître l’indépendance de la Palestine, une initiative poussée par l’Espagne et l’Irlande, pour « voir combien de pays veulent le faire tous ensemble ».
Ces discussions font suite à une première réunion en septembre dernier qui avait rassemblé 50 ministres des Affaires étrangères d’Europe et du Moyen-Orient pour discuter d’une nouvelle initiative de paix au Moyen-Orient axée sur les incitations, mais qui est restée lettre morte après les attentats du 7 octobre, le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas et l’invasion par Israël de la bande de Gaza.
« Ces réunions se concentreront sur les points d’action identifiés lors de la réunion ministérielle d’aujourd’hui, qui vise à faire progresser les efforts de l’ONU et d’autres efforts de paix connexes dans le contexte de la mise en œuvre de la solution à deux États », a précisé le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, à la presse.
Israël n’a pas participé à la réunion ministérielle malgré l’invitation reçue.
À la question de savoir si l’on peut s’attendre à un résultat tangible du processus sans l’adhésion de Tel-Aviv, Josep Borrell a répondu qu’« il est clair pour tout le monde que le gouvernement de Benyamin Netanyahou ne veut pas [s’engager] et fera tout pour empêcher la création d’un État palestinien ».
« Il s’agira d’un processus complexe, auquel la société civile israélienne devra également participer, mais nous devons commencer [dès maintenant] », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est censé s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies ce vendredi 27 septembre.
Alors que les dirigeants mondiaux ont lancé des appels urgents au cessez-le-feu à Gaza et à la désescalade avec le Liban, mettant en garde contre le risque d’une guerre régionale plus vaste au Moyen-Orient, nombre d’entre eux auront déjà quitté New York lorsque Premier ministre israélien s’adressera à l’assemblée.
Les États-Unis, ainsi que plusieurs pays européens et États arabes, ont proposé jeudi un cessez-le-feu de 21 jours pour mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah — une proposition qui a été rejetée par Tel-Aviv.
« Nous continuons à frapper le Hezbollah de toutes nos forces, telle est notre politique », a affirmé Benyamin Netanyahou à son arrivée.
Interrogé par les journalistes sur la proposition de cessez-le-feu, le prince saoudien Faisal bin Farhan a déclaré qu’elle avait été soigneusement élaborée pour prendre en compte les intérêts du Liban et d’Israël.
« Depuis le début de la guerre, nous avons constaté une tendance : chaque fois que l’on nous dit que nous sommes proches d’un cessez-le-feu à Gaza, il ne se produit pas », a-t-il ajouté.
« De même, lorsque nous avons travaillé avec nos partenaires sur un appel très concret à un cessez-le-feu au Liban, nous avions l’impression que c’était acceptable, mais nous apprenons aujourd’hui que, non, ce n’est pas acceptable », a-t-il conclu.
[Édité par Anna Martino]