Israël révoque le statut de diplomates norvégiens, la Norvège espère un dialogue
Israël a révoqué, jeudi 8 août, le statut diplomatique de huit Norvégiens dont les fonctions étaient de représenter la Norvège auprès de l’Autorité palestinienne, à la suite de quoi Oslo espère pouvoir rétablir ses relations avec Tel-Aviv.
Israël a révoqué, jeudi 8 août, le statut diplomatique de huit Norvégiens dont les fonctions étaient de représenter la Norvège auprès de l’Autorité palestinienne en Israël, à la suite de quoi Oslo espère pouvoir rétablir ses relations avec Tel-Aviv.
La Norvège, l’Irlande et l’Espagne ont reconnu la Palestine en tant qu’État le 22 mai dernier, ce qui a poussé Israël à rappeler immédiatement ses ambassadeurs en poste dans les trois pays européens.
La décision israélienne de révoquer l’accréditation de diplomates ne vise que la Norvège, les relations entre les deux pays s’étant progressivement détériorées ces derniers mois.
Dans une note officielle, le ministère israélien des Affaires étrangères déplore les « politiques et déclarations unilatérales » de la Norvège depuis l’incursion du Hamas — qu’il qualifie d’« organisation terroriste » — en Israël le 7 octobre.
« Au lieu de combattre le terrorisme palestinien après le 7 octobre et de soutenir Israël dans sa guerre contre l’axe du mal iranien, la Norvège a choisi de récompenser les meurtriers et les violeurs du Hamas en reconnaissant un État palestinien », a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères israélien, Israël Katz, en exposant la décision du pays à l’encontre des diplomates norvégiens.
« Ceux qui nous attaquent et mènent une politique unilatérale contre nous en paieront le prix », a-t-il ajouté.
Son homologue norvégien, Espen Barth Eide, estime que la décision de Tel-Aviv est « extrême » et « affecte avant tout notre capacité à aider la population palestinienne ». « Elle montre une fois de plus que le gouvernement de Benyamin Netanyahou travaille activement contre une solution à deux États », a-t-il soutenu.
« Nous examinons actuellement les mesures que la Norvège prendra en réponse à ces actions », a-t-il poursuivi.
Il a toutefois déclaré que la Norvège n’avait pas pour projet de retirer le statut des diplomates israéliens « pour le moment » et qu’une telle mesure « allait à l’encontre de ses instincts », car le dialogue « est plus que nécessaire lorsqu’il y a un désaccord ».
Soutien de l’UE et des États-Unis
La Norvège a reçu le soutien de l’UE dans une déclaration du Haut responsable de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell.
« Je condamne fermement la décision injustifiée [d’Israël] », a affirmé Josep Borrell jeudi, ajoutant qu’« il ne s’agit pas d’une question bilatérale entre Israël et la Norvège, mais d’une question d’intérêt pour tous ceux qui œuvrent en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».
« La Norvège a joué un rôle majeur dans le processus de paix au Moyen-Orient et dans le soutien à la population palestinienne », a-t-il noté.
Les propos du responsable de la politique étrangère de l’UE ont été repris par le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, qui a déclaré qu’Oslo « joue depuis longtemps un rôle important, et nous pensons qu’il est important qu’elle puisse continuer à jouer ce rôle », mais n’a pas appelé Israël à revenir sur sa décision.
Processus de paix
La Norvège s’est depuis longtemps engagée en faveur de la paix au Moyen-Orient et préside le groupe de donateurs pour la Palestine du comité de liaison ad hoc (AHLC), depuis les Accords de paix d’Oslo, il y a 30 ans.
En ce qui concerne la guerre en cours à Gaza, la Norvège a été l’un des premiers pays à demander un cessez-le-feu et, en plus de veiller à ce qu’environ 100 millions d’euros soient transférés d’Israël à l’Autorité palestinienne, elle a déconseillé toute activité commerciale avec les colonies israéliennes.
La Norvège a également joué un rôle important dans les travaux de la Cour internationale de justice concernant Israël et la Palestine, en encourageant les pourparlers pour la paix et l’augmentation de l’aide à Gaza.
En juillet, Espen Barth Eide s’est vu refuser une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères israélien ; et le porte-parole de Benyamin Netanyahou, David Mencer, a déclaré au média norvégien TV2 que « nous avons suffisamment d’ennemis des juifs du Hamas, à Gaza, nous n’avons pas besoin d’importer leurs partisans de l’étranger ».
David Mencer a ajouté qu’il « ne pense pas que [la Norvège] ait condamné le Hamas » à la suite de l’attaque du 7 octobre, en dépit de la condamnation ferme de la Norvège réitérée par le ministre norvégien Espen Barth Eide.
Face à cette situation, ce dernier espère toujours rétablir les relations.
« La Norvège est et sera toujours un ami d’Israël et du peuple israélien », a-t-il affirmé, ajoutant toutefois que « la principale priorité de la Norvège est d’œuvrer en faveur de la paix et d’une solution diplomatique aux conflits du Moyen-Orient ».
Interrogé sur les contre-mesures spécifiques envisagées, le ministère des Affaires étrangères a déclaré dans un courriel à Euractiv qu’il n’avait pas d’autre commentaire à faire sur les déclarations de jeudi pour le moment.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]