Italie : le parti de Giorgia Meloni mis en difficulté par une controverse impliquant un général de l’armée

Le parti de droite Frères d’Italie de la Première ministre Giorgia Meloni est confronté à une crise de l’opinion publique à propos d’une affaire qui concerne le général Roberto Vannacci, largement critiqué pour les positions homophobes, racistes et sexistes exposées dans un livre.

EURACTIV Italie
Close,Up,Of,An,Italian,Uniform,With,Digital,Camouflage,Pattern
Malgré les tentatives du général Vannacci de calmer la polémique, l’état-major de l’armée a décidé, le 18 août, de lui retirer la direction de l’Institut géographique militaire de Florence et de le mettre à la disposition du commandement des forces d’opérations terrestres, sans qu’il ne joue pour l’instant un rôle de premier plan. [SHUTTERSTOCK/meanmachine77]

Le parti de droite Frères d’Italie (Conservateurs et Réformistes européens) de la Première ministre Giorgia Meloni est confronté à une crise de l’opinion publique à propos d’une affaire qui concerne le général Roberto Vannacci, largement critiqué pour les positions homophobes, racistes et sexistes exposées dans son livre intitulé « Le monde à l’envers ».

Ce livre a récemment été publié par M. Vannacci, et il a immédiatement fait l’objet de nombreuses critiques. Il a par exemple été qualifié d’homophobe, de raciste et de sexiste par de nombreux lecteurs et personnalités politiques. Parmi les déclarations les plus contestées figure celle dans laquelle le général définit les homosexuels comme une anomalie et accuse le « lobby gay international » de les avoir normalisés.

« La Constitution garantit la liberté d’expression. Je n’incite pas à la haine. Je n’ai pas envie de faire marche arrière, je revendique ce que j’ai écrit. Je n’utilise jamais de mots vulgaires ou triviaux : j’exprime librement mes pensées », a commenté le général.

Le ministre de la Défense et fondateur du parti Frères d’Italie, Guido Crosetto, s’est rapidement distancié du général et critiqué les écrits de ce dernier, appelant à une action disciplinaire dans cette affaire et au respect des lois et du Code de l’ordre militaire.

Malgré les tentatives du général Vannacci de calmer la polémique, l’état-major de l’armée a décidé, vendredi dernier (18 août), de lui retirer la direction de l’Institut géographique militaire de Florence et de le mettre à la disposition du commandement des forces d’opérations terrestres, sans qu’il ne joue pour l’instant un rôle de premier plan.

« Je me permets de déplorer ce que je trouve vraiment dramatique, à savoir que, surtout ceux qui se disent de droite et qui brandissent les concepts de patrie, d’honneur, de tradition et de fierté nationale, montrent qu’ils ne savent pas, ou très peu, ce que signifie avoir le sens de l’État, des institutions, du respect des lois italiennes et de la Constitution républicaine », a commenté M. Crosetto.

Le député Giovanni Donzelli, figure centrale du parti Frères d’Italie, a défendu à la fois M. Vannacci et le choix de M. Crosetto de ne pas vouloir froisser l’électorat de droite, mais aussi de ne pas vouloir trahir les autres membres du parti.

« Dans un monde libre, on écrit ce que l’on pense. Si nous établissons que la tâche de la politique est de décider de la valeur des idées, ce sera la fin de la démocratie », a commenté M. Donzelli.

D’autre part, M. Donzelli a approuvé la décision de M. Crosetto d’engager une action disciplinaire, qui a conduit à la révocation de M. Vannucci de ses anciennes fonctions.

« Il a très bien agi […] Représentant un ministère sensible, il a activé un mécanisme prévu par les procédures de l’armée. De sorte que l’on puisse vérifier si ce qu’il a fait correspond ou non aux règles militaires », a ajouté Giovanni Donzelli dans une interview accordée au Corriere della Sera.

La position des membres du parti conservateur de Mme Meloni semble vaciller face à une affaire qui les oblige à choisir entre céder au populisme et attaquer la gauche qui critique M. Vannacci ou résister dans leur rôle de parti de gouvernement et condamner les positions du général.

Le parti d’extrême droite Forza Nuova (FN) a proposé à M. Vannacci de se présenter à l’élection partielle de Monza pour le siège laissé vacant après la mort du fondateur de Forza Italia, Silvio Berlusconi.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]