Joe Biden arrive à Bruxelles pour trois sommets consacrés à l’Ukraine

Le président américain Joe Biden assistera aux sommets de l’OTAN, du G7 et de l’UE ce jeudi (24 mars). Ces sommets seront l’occasion de discuter de la réponse à apporter à la guerre en Ukraine.

EURACTIV.com
Biden in Brussels 23 03 2022
Le président américain Joe Biden est accueilli à Bruxelles par le Premier ministre belge Alexander De Croo. [Compte Twitter du Président des États-Unis]

Le président américain Joe Biden, arrivé à Bruxelles hier soir, assistera aux sommets de l’OTAN, du G7 et de l’UE ce jeudi (24 mars). Ces sommets seront l’occasion de discuter de la réponse à apporter à la guerre que la Russie continue de mener en Ukraine.

Le leadership américain de l’« Occident collectif » semble renforcé après que les prédictions de Washington selon lesquelles Vladimir Poutine allait lancer une guerre en Ukraine se sont avérées exactes.

En outre, le succès rencontré par l’armée ukrainienne face à l’agresseur russe semble avoir été favorisé par la bonne planification et l’assistance militaire des États-Unis.

Jusqu’à présent, la guerre a fait fuir plus de 3,6 millions d’Ukrainiens et a déjà entraîné un isolement sans précédent pour l’économie russe au moyen d’une série de sanctions coordonnées au niveau international.

Ce matin, les dirigeants de l’OTAN doivent se réunir pour déterminer comment aborder le volet sécurité de la guerre menée par Moscou en Ukraine.

Ils devraient convenir d’un renforcement du soutien à Kiev, qui inclura également l’envoi d’équipements de protection contre l’utilisation potentielle d’armes chimiques et nucléaires dans le pays.

Ces derniers jours, la Russie et les gouvernements occidentaux se sont mutuellement accusés d’une éventuelle attaque à l’arme chimique en Ukraine, sans pour autant fournir de preuves pour appuyer leurs accusations.

Les dirigeants de l’OTAN devraient également convenir du renforcement de la présence militaire de l’Alliance en Europe de l’Est avec quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, et revoir l’état actuel des plans récemment activés pour la défense de son flanc oriental.

Un conflit énergétique à venir ?

Après cela, une réunion des dirigeants du G7, convoquée par la présidence allemande, devrait décider de la coordination dans l’application des sanctions et prévoir la publication d’une déclaration. Outre l’Allemagne, la France et l’Italie, qui sont membres de l’UE, le G7 comprend le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon.

Dans la soirée, les dirigeants européens accueilleront M. Biden dans le centre de Bruxelles pour des discussions sur les questions énergétiques dans le contexte de la guerre en Ukraine.

« Lors de notre réunion à Versailles, nous avons convenu de sortir progressivement, dès que possible, de notre dépendance à l’égard des importations de gaz, de pétrole et de charbon russes », a écrit le président du Conseil européen, Charles Michel, dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens.

« Nous devons maintenant prendre des mesures immédiates pour sécuriser notre approvisionnement énergétique pour l’hiver prochain », a écrit Charles Michel, ajoutant que les dirigeants de l’UE doivent « s’attaquer d’urgence à la question de savoir comment, dans les semaines et les mois à venir, nous pouvons diminuer la pression des prix élevés de l’énergie sur nos citoyens et nos entreprises ».

La visite de M. Biden pourrait ainsi révéler un différend sur l’opportunité d’imposer de nouvelles sanctions énergétiques aux alliés européens, dont certains sont fortement tributaires du pétrole et du gaz russes.

Moscou fournit environ 40 % du gaz naturel utilisé par l’Europe, ce qui fait que plusieurs pays européens peuvent difficilement interdire les importations d’énergie russe comme l’ont fait les États-Unis.

Cette question a été un sujet « substantiel » et a fait l’objet d’un « va-et-vient intense » ces derniers jours, a indiqué aux journalistes le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan.

La Commission européenne avait proposé d’interdire l’importation de pétrole en provenance de Russie dans le cadre du cinquième cycle de sanctions contre Moscou.

Les États membres de l’UE sont divisés sur cette interdiction, certains pays, dont l’Allemagne, estimant que le bloc est trop dépendant des combustibles fossiles russes pour supporter une telle mesure.

Le chancelier allemand Olaf Scholz, l’un des plus farouches opposants au sein de l’UE, a prévenu, mercredi 23 mars, qu’une interdiction immédiate de l’énergie russe déclencherait une récession en Allemagne et dans toute l’Europe.

Pas de nouvelles sanctions ?

Une source de la Commission a confié à EURACTIV qu’un cinquième paquet de sanctions contre la Russie ne serait probablement pas adopté jeudi.

« Nous allons d’abord attendre de voir l’impact des sanctions déjà en place sur l’économie russe et les prochaines sanctions dépendront de l’escalade de la Russie sur le champ de bataille », a expliqué la source.

Selon cette même source, la volonté de fournir conjointement du gaz, du gaz naturel liquéfié (GNL) et de l’hydrogène — à l’instar de ce qu’il s’est passé avec les vaccins — signifie que l’Europe pourra acheter de l’énergie bon marché à d’autres pays.

Washington cherche des moyens d’augmenter les livraisons de GNL à l’Europe dans les semaines à venir, a annoncé le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, aux journalistes mercredi.

Il a ajouté que la réduction de la dépendance européenne à l’égard du gaz russe a fait l’objet de discussions intenses en amont du sommet.

Les dirigeants de l’UE doivent également discuter de la Chine, après que M. Biden a demandé au président chinois Xi Jinping de ne pas apporter de soutien matériel à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, ce que Moscou a récemment demandé à Pékin.

Ces discussions interviennent alors que l’UE prépare un sommet UE-Chine, qui se tiendra le 1er avril et dont le sujet principal sera la guerre en Ukraine.

L’adhésion de l’Ukraine à l’UE

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky devrait également s’adresser aux dirigeants de l’OTAN et de l’UE ce jeudi.

Mercredi, Kiev a lancé un appel à l’aide militaire occidentale et a dénoncé les « crimes de guerre » commis par les Russes dans les zones assiégées, notamment dans le port de Marioupol où, selon elle, une famine massive est à craindre.

Lors du sommet de Versailles qui s’est tenu au début du mois, les dirigeants européens n’ont pas pris d’engagements concrets concernant l’appel de l’Ukraine à adhérer rapidement à l’Union européenne, mais ont conclu que le pays « appartient à la famille européenne ».

Auparavant, l’exécutif européen a été chargé de préparer un avis sur l’état de préparation du pays à l’ouverture des négociations avec le bloc, ce qui peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Un communiqué du sommet, qui a pu être consulté par EURACTIV, ne fait aucune référence à une perspective européenne pour l’Ukraine, mais traite principalement de l’agression de la Russie contre le pays.

Sarantis Michalopoulos a contribué à la rédaction de cet article.