Josep Borrell : "A Srebrenica, l’Europe a échoué et nous nous sommes confrontés à notre honte"
Le diplomate en chef de l’UE Josep Borrell et le commissaire à l’Élargissement Oliver Varhelyi se sont exprimés à l’occasion de l’anniversaire du massacre de Srebrenica perpétré par les Serbes de Bosnie en 1995, le qualifiant d’échec et de honte pour l’Europe.
Le diplomate en chef de l’UE Josep Borrell et le commissaire à l’Élargissement Oliver Varhelyi se sont exprimés dimanche (10 juillet) à l’occasion de l’anniversaire du massacre de Srebrenica perpétré par les Serbes de Bosnie en 1995, le qualifiant d’échec et de honte pour l’Europe.
Le massacre s’est déroulé sur une période d’environ un mois en juillet 1995. Les Serbes ont tué plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques dans la ville de Srebrenica et ses environs. En plus d’être considéré comme un massacre, cet événement est également connu comme un génocide et un acte de purification ethnique.
« L’Europe n’a pas oublié ce qui s’est passé à Srebrenica ni notre responsabilité pour n’avoir pas été capable de prévenir et d’arrêter le génocide. A Srebrenica, l’Europe a échoué et nous nous sommes confrontés à notre honte », ont déclaré les deux diplomates dans un communiqué.
Ils ont ajouté que la guerre russe contre l’Ukraine fait resurgir « les vifs souvenirs des témoins de la guerre dans les Balkans occidentaux dans les années 1990. »
Parmi les autres guerres qui se sont déroulées dans la région à cette époque figure la guerre du Kosovo, qui a vu les Serbes commettre de nombreux massacres contre la communauté albanaise et déplacer plus d’un million de personnes, dont plus de 1 000 sont toujours portées disparues aujourd’hui. Elle s’est terminée par le bombardement de la Serbie par l’OTAN et l’indépendance du Kosovo, que la Serbie ne reconnaît toujours pas.
« Alors que nous voyons la sécurité et la stabilité de l’Europe et l’ordre international fondé sur des règles être profondément ébranlés, nous nous rappelons qu’il est nécessaire de se lever pour défendre la paix, la dignité humaine et les valeurs universelles. », ajoute le communiqué.
Les deux diplomates ajoutent qu’il n’y a pas de place en Europe pour la négation du génocide, le révisionnisme et la glorification des criminels de guerre. Pour que la Bosnie continue sur la voie de l’UE, ils ajoutent que la paix, la réconciliation, la compréhension mutuelle et le dialogue doivent être en tête des priorités.
Par ailleurs, jeudi (7 juillet), le gouvernement albanais a finalement adopté une résolution sur le génocide, après l’échec d’une résolution déposée par l’opposition au début de l’année.
« La position de l’Albanie selon laquelle la négation du génocide commis contre la population bosniaque de Srebrenica par les forces serbes de Bosnie constitue une violation du droit international et favorise le phénomène d’impunité pour les crimes de guerre et la violation de la dignité de plus de 8 000 civils qui ont été massacrés à Srebrenica », indique la résolution.
Elle condamne également la « glorification des auteurs, créateurs et partisans de ce génocide », ainsi que les meurtres et viols de la communauté albanaise par les forces serbes pendant la guerre du Kosovo.
Les députés démocrates ont tenté d’inclure des amendements condamnant les actions de la Serbie au Kosovo comme un génocide, mais la motion a été rejetée par la majorité socialiste.