Josep Borrell qualifie les sanctions proposées par l’UE contre Israël de « plaisanterie »
MADRID — L’ancien chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, a qualifié les sanctions proposées par la Commission européenne contre Israël de « plaisanterie ». Interrogé à ce sujet mercredi 17 septembre sur la chaîne publique espagnole RTVE, il a estimé que ces mesures arrivaient « avec 40 000 morts de retard ».
Josep Borrell, ancien Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a comparé les actions d’Israël à Gaza aux crimes nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite affirmé que « l’indifférence » de l’UE avait donné à Tel-Aviv « carte blanche pour faire ce qu’il voulait ».
La proposition de sanctions européennes, dévoilée mercredi par la Commission, prévoit la suspension des concessions commerciales préférentielles sur les produits israéliens et l’imposition de sanctions aux ministres d’extrême droite et aux colons extrémistes dans les territoires occupés de Cisjordanie.
« C’est une mesure tellement mineure qu’ils pourraient l’approuver juste pour se débarrasser du problème », a expliqué Josep Borrell.
Ce socialiste espagnol est l’une des personnalités politiques européennes les plus virulentes sur la question de la guerre à Gaza. Il critique régulièrement le manque d’action décisive de l’UE à ce sujet. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a « passé quinze mois à ignorer ceux d’entre nous qui lui disaient qu’il fallait agir », a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision publique espagnole.
Ses commentaires font suite aux critiques formulées à son encontre par celle qui lui a succédé aux commandes de la diplomatie européenne, l’Estonienne Kaja Kallas. Cette dernière l’a accusé la semaine dernière d’inaction pendant son mandat (2019-2024). « Il n’a rien fait », avait lancé Kaja Kallas aux journalistes.
Interrogé sur ses propos, Josep Borrell a répondu qu’il était « de bonne conduite de ne critiquer ni son prédécesseur ni son successeur », mais a reconnu qu’il n’avait pas réussi à obtenir l’approbation du Conseil pour des sanctions contre Israël. « Au moins, je l’ai proposé », s’est-il défendu.
La Commission propose des sanctions contre Israël
« Nous regrettons d’avoir à prendre ces mesures », a déclaré le commissaire européen au Commerce, Maroš…
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(asg)