Kosovo : Albin Kurti demande la levée des sanctions de l’UE
Le Premier ministre du Kosovo a demandé à l’UE de « lever totalement » les sanctions contre son pays, à l’occasion d’une visite de la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui a rappelé les conditions posées par Bruxelles, notamment la désescalade dans les zones à majorité serbe.
Le Premier ministre sortant du Kosovo a demandé vendredi 23 mai à l’UE de « lever totalement » les sanctions contre son pays, à l’occasion d’une visite de la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, qui a rappelé les conditions posées par Bruxelles, notamment la désescalade dans les zones à majorité serbe.
L’Union européenne a imposé en 2023 des sanctions au Kosovo, après une série d’incidents dans les zones majoritairement peuplées de Serbes du nord du Kosovo, où Belgrade, qui n’a jamais reconnu l’indépendance de son ancienne province, maintient une très grande influence.
Le gouvernement d’Albin Kurti a décidé de s’attaquer aux institutions parallèles gérées par Belgrade dans ces zones et en a démantelé la plupart — bureaux de poste, administration…, de façon unilatérale, ce que de nombreux diplomates ont regretté.
En juin 2023, l’UE a imposé des sanctions « temporaires » et « réversibles », notamment la suspension de l’Accord de stabilisation et d’association, l’exclusion du Kosovo des réunions de haut niveau (sauf celles liées au dialogue avec la Serbie facilité par l’UE) et le gel de financements.
Ces sanctions « doivent être totalement supprimées », a dit Albin Kurti lors d’un dîner avec Kaja Kallas, en visite dans les Balkans.
« Nous sommes prêts à lever les sanctions de notre côté, mais nous devons vraiment, vraiment voir une désescalade dans le nord », a répondu vendredi la cheffe de la diplomatie européenne.
Les instances des Affaires étrangères de l’UE étaient tombées d’accord en avril sur la possibilité d’une levée progressive des sanctions — toujours conditionnée à une désescalade dans le nord.
Mais cette semaine à nouveau, la police a perquisitionné et bouclé un bâtiment dans le nord à majorité serbe, d’où la Serbie organisait selon elle un système parallèle de gestion de l’eau.
Pristina a déposé sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne en décembre 2022. Mais pour obtenir le statut de candidat, la demande doit être approuvée par l’ensemble des pays membres, or certains ne reconnaissent pas l’existence du Kosovo.