Kosovo-Serbie : l’OTAN, l’UE et les États-Unis appellent à poursuivre le dialogue
Les appels à la désescalade entre le Kosovo et la Serbie se sont intensifiés mercredi. L’UE, les États-Unis et la KFOR, la force de maintien de la paix au Kosovo dirigée par l’OTAN, ont exprimé leur volonté de soutenir le dialogue entre les deux voisins des Balkans.
Les appels à la désescalade entre le Kosovo et la Serbie se sont intensifiés mercredi. L’UE, les États-Unis et la KFOR, la force de maintien de la paix au Kosovo dirigée par l’OTAN, ont exprimé leur volonté de soutenir le dialogue entre les deux voisins des Balkans.
La situation dans le nord du Kosovo s’est détériorée le mois dernier suite à la décision kosovare d’interdire les plaques d’immatriculation délivrées par les autorités serbes. De nombreux Serbes ethniques avaient fait le choix de démissionner des institutions kosovares en représailles.
L’annonce de la part de Pristina d’organiser des élections pour remplacer les démissionnaires, et l’arrestation d’un policier serbe soupçonné d’avoir attaqué les locaux de la commission électorale centrale il y a quelques jours, n’ont fait qu’empirer la situation.
Les Serbes ont érigé des barrages sur les routes principales dans le nord du Kosovo mercredi (28 décembre), un territoire à majorité serbe, ce qui a entraîné la fermeture de trois postes-frontières dans le pays.
Privilégier le dialogue
La mission de maintien de la paix l’OTAN au Kosovo, la KFOR, a déclaré mercredi qu’elle soutenait le dialogue entre toutes les parties afin de désamorcer les tensions dans le nord du pays.
« Il est primordial que toutes les parties concernées évitent tout discours ou toute action susceptible de susciter des tensions et d’envenimer la situation », a déclaré le général de division Angelo Michele Ristuccia dans un communiqué.
« Les solutions doivent être recherchées à travers le dialogue », a-t-il poursuivi.
Un porte-parole de la KFOR a ajouté que la force de maintien de la paix « reste extrêmement vigilante et dispose des capacités et du personnel nécessaires pour assurer un environnement sûr et sécurisé et la liberté de mouvement pour toutes les communautés dans le cadre de notre mandat des Nations unies, basé sur la résolution 1244 » en application depuis 1999.
Mercredi également, l’UE et les États-Unis ont publié une déclaration commune demandant aux deux parties de prendre des mesures immédiates pour désamorcer la situation.
« Nous appelons chacun à faire preuve d’un maximum de retenue, à prendre des mesures immédiates pour désamorcer la situation, et à s’abstenir de toute provocation, menace ou intimidation », peut-on lire dans la déclaration.
Dans cette déclaration, il est précisé que l’UE et les États-Unis travaillent avec le président serbe Aleksander Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti « afin de trouver une solution politique pour désamorcer les tensions et convenir de la marche à suivre dans l’intérêt de la stabilité, de la sécurité et du bien-être de toutes les communautés locales ».
Ils ont ajouté que les deux parties devraient revenir à la promotion d’un environnement propice à la réconciliation, à la stabilité régionale et à la coopération dans l’intérêt de tous les citoyens.
Depuis plus de 11 ans, l’UE facilite le dialogue entre Belgrade et Pristina. Certains accords ont été signés, mais la majorité de ceux-ci n’a jamais été mise en œuvre, d’importants points de friction subsistant de part et d’autre.
Un patriarche serbe interdit d’entrée au Kosovo
L’ambassadeur des États-Unis au Kosovo, Christopher Hill, a également réagi après que le chef de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche Porphyre, a été interdit d’entrée au Kosovo lundi (26 décembre). Cette décision a suscité l’indignation en Serbie, mais Porphyre a déclaré que la Serbie devait faire tout son possible pour préserver la paix.
« Seuls nous, entre nous, par nos efforts, pouvons mieux nous comprendre. Depuis des siècles, Serbes et Albanais vivent ensemble sur le territoire du Kosovo-et-Métochie [territoire correspondant à la République du Kosovo qui a déclaré son indépendance en 2008] », a expliqué le patriarche.
L’ambassadeur américain à Belgrade, Christopher Hill, a déclaré qu’il était important pour la communauté serbe du Kosovo de pouvoir rencontrer le patriarche.
« Je pense que c’est quelque chose de fondamental pour les libertés religieuses là-bas. Je pense que vous ne trouverez personne dans la communauté internationale qui s’oppose à son droit d’entrer au Kosovo et de rencontrer les croyants. C’est notre position, et j’espère que cette [interdiction] ne se répétera pas », a-t-il déclaré.
Les barrages routiers critiqués par l’Albanie
De l’autre côté de la frontière, en Albanie, la ministre des Affaires étrangères Olta Xhacka a publié une déclaration sévère à l’encontre de ceux qui sont derrière les barrages routiers qui paralysent le nord du Kosovo.
Elle a exhorté la Serbie à ne pas jouer avec le feu. « Les barrages érigés dans le Nord ne sont pas le fruit d’une quelconque vague de colère populaire, mais d’un groupe de criminels notoires. Nous sommes aux côtés du Kosovo dans cette situation difficile, et nous appelons les autorités serbes à ne pas défendre ni les barrages ni les groupes criminels qui refusent de les lever », a indiqué Mme Xhacka.
Son homologue serbe, Ivica Dacic, a répondu en blâmant l’Albanie et la communauté internationale pour leur rôle dans la situation actuelle.
Par de telles déclarations, « la ministre albanaise encourage [M. Kurti] à poursuivre ses provocations. Par conséquent, elle et l’ensemble de la communauté internationale portent une grande responsabilité pour tout ce qui se passe et peut se passer au Kosovo », a affirmé M. Dacic.