L'accord UE-Turquie fait l'objet de critiques [FR]
En faisant explicitement référence à sa "capacité d'absorption" de nouveaux membres, l'UE a-t-elle introduit un nouveau critère dans le cadre des négociations d'adhésion avec la Turquie ? Les opinions divergent, certains observateurs estimant qu'il n'y a là rien de nouveau, d'autres parlant au contraire de "dynamite politique".
En faisant explicitement référence à sa « capacité d’absorption » de nouveaux membres, l’UE a-t-elle introduit un nouveau critère dans le cadre des négociations d’adhésion avec la Turquie ? Les opinions divergent, certains observateurs estimant qu’il n’y a là rien de nouveau, d’autres parlant au contraire de « dynamite politique ».
Le cadre de négociation devant servir de feuille de route aux pourparlers d’adhésion entre l’UE et la Turquie introduit des conditions plus restrictives que celles imposées par l’Union aux précédents pays candidats :
- le texte précise que les négociations engagées le sont dans le cadre d’un « processus ouvert, dont le résultat ne peut être garanti à l’avance » ;
- il évoque la possibilité d’un échec des négociations et envisage – sans parler explicitement de « partenariat privilégié » – une solution alternative à l’adhésion : « Prenant en compte tous les critères de Copenhague, si la Turquie n’est pas en mesure d’assumer toutes ses obligations pour devenir membre (…), on devra s’assurer que la Turquie sera pleinement ancrée dans les structures européennes à travers le lien le plus fort possible. »
- Le cadre de négociation souligne en outre que « la capacité de l’Union à absorber la Turquie, en maintenant le rythme de l’intégration, est une considération importante dans l’intérêt général de l’Union et de la Turquie ». Le document indique que la Commission aura la charge d’évaluer cette capacité dans le courant des négociations, afin que le Conseil puisse décider en toute connaissance de cause si cette condition à l’adhésion de la Turquie est bien remplie.
Le texte inclut également un avertissement habituel, mais qui prend une résonance particulière dans le cas de la Turquie : » En cas de violation sérieuse et persistante par la Turquie des principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit sur lequel l’Union est fondée, la Commission européenne (…) recommandera la suspension des négociations d’adhésion. »