L'agence européenne pour l'environnement réclame une fiscalité « verte »

L'Agence européenne pour l'environnement a exhorté les ministres européens à réorienter la fiscalité de l'UE vers les activités polluantes. Jusqu'ici, la crise a retardé la mise en oeuvre d'une véritable fiscalité « verte ».

EURACTIV.com
Une centrale à charbon à Datteln en Allemagne. [Arnold Paul/Commons].
Une centrale à charbon à Datteln en Allemagne. [Arnold Paul/Commons].

L’Agence européenne pour l’environnement a exhorté les ministres européens à réorienter la fiscalité de l’UE vers les activités polluantes. Jusqu’ici, la crise a retardé la mise en oeuvre d’une véritable fiscalité « verte ».

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié cette semaine un rapport sur les réformes fiscales. Les auteurs y expliquent qu’une fiscalité « plus verte » permettrait de créer de l’emploi tout en protégeant l’environnement.

L’agence située au Danemark propose de transférer la fiscalité qui pèse sur le travail vers les activités polluantes : ceci permettrait aux employeurs d’engager plus de travailleurs tout en renforçant la croissance économique.

Les ministres européens se sont rencontrés à Milan, sous la présidence italienne, afin d’aborder les questions climatiques et les enjeux liés à la croissance verte.

« Un système fiscal élaboré avec intelligence peut permettre de réduire la pollution, d’optimiser l’utilisation des ressources, de promouvoir l’emploi, la croissance économique, ainsi que la justice sociale », a expliqué Hans Bruyninckx dans un courriel. À ses yeux, la fiscalité est « un outil sous exploité ».

Actuellement, la fiscalité écologique représente seulement 2,4 %.du PIB de l’UE.

Le rapport contient également d’autres recommandations pour relancer l’économie à travers des dispositifs écologiques. Les auteurs citent par exemple le développement de bien de consommation et de services plus respectueux de l’environnement, à savoir « l’éco-innovation ». Selon le rapport, il existe une corrélation entre les entreprises qui adoptent des produits « éco-innovants », et l’optimisation des ressources dans les pays qui mettent en œuvre ce principe.

Plus d’emplois respectueux de l’environnement

L’AEE affirme que la crise économique a empêché de progresser dans le domaine de la protection environnementale, malgré des tentatives d’insérer des objectifs environnementaux dans des stratégies fiscales de relance économique.

Les ministères sont réticents à imposer une « bureaucratie verte » aux entreprises, car ils craignent que cela ralentisse la reprise économique.

Guy Ryder, le directeur général de l’Organisation internationale du travail, a également interpellé les ministres à Milan sur la question de stratégies pour l’emploi qui ne seraient contraire au respect de l’environnement. Il a par exemple évoqué l’allocation d’investissements plus verts. « Le monde ne doit pas avoir à choisir entre la création d’emplois et la préservation de l’environnement », a précisé Guy Ryder dans un communiqué de presse.

La réunion informelle entre ministres s’est tenue à la suite de propositions de la Commission européenne publiées plus tôt ce mois-ci. Ces mesures sont censées encourager « l’économie circulaire » et fixe des objectifs plus ambitieux en matière de recyclage et proposent la suppression progressive des décharges.

En parallèle, la Commission a publié une série de mesures qui visent à renforcer l’emploi dans des secteurs plus « verts », tels que la gestion de l’eau, des déchets ou encore des énergies renouvelables.